Les habitants de Kamituga, ville minière du territoire de Mwenga (Sud-Kivu), vivent depuis plusieurs semaines dans la peur et l’insécurité.
Des hommes armés non identifiés multiplient les attaques nocturnes, semant la mort, la panique et la désolation.
Lors de la plus récente incursion, un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et un policier respecté ont été tués, tandis que plusieurs commerces, hôtels et domiciles privés ont été pillés.
Les attaques se succèdent à un rythme effréné, plongeant la ville dans une atmosphère de terreur. La nuit, les rafales d’armes automatiques brisent le silence et les cris d’effroi retentissent dans les ruelles. Les familles se terrent chez elles, priant pour que les assaillants s’éloignent avant l’aube.> « Nous ne dormons plus, nous survivons », confie un habitant joint par téléphone.Ces mots traduisent la détresse d’une population abandonnée à elle-même.
La peur est devenue le quotidien, et l’État semble avoir déserté le terrain.Plus grave encore, des propos à caractère haineux et ethnicité auraient été proférés par certains éléments armés. Des phrases telles que :« Bayebisaki biso Baswahili nyonso baza ba Rwandais, il faut kaka ko buma bango »(« On nous a dit que tous les Swahili sont des Rwandais, il faut les tuer »)font craindre un glissement vers une violence à dimension communautaire dans une région déjà marquée par des tensions identitaires.
Face à ce climat d’abandon, la société civile tente de combler le vide laissé par l’État. Le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (SC-BIDH) Mwenga/Kamituga documente les violations, interpelle les autorités et appelle à des actions urgentes pour rétablir la sécurité et traduire les auteurs en justice.
Malgré la peur, Kamituga résiste, ses habitants continuent à rouvrir leurs boutiques, à témoigner et à dénoncer , c’est une forme de courage silencieux, une résilience admirable dans un contexte où l’État a failli.Là où les autorités gardent le silence, le peuple parle, résiste et témoigne.Kamituga refuse de mourir dans l’indifférence.
Et dans le vacarme des armes, une voix s’élève encore :> « Nous voulons vivre. Pas survivre. »L’avenir de Kamituga reste incertain, mais une chose est claire : ses habitants ne se résignent pas. Ils réclament justice, sécurité et dignité — le droit de vivre en paix sur leur propre terre.
Isaka Kijana