Une maison d’habitation a été incendiée par des individus non encore identifiés dans la nuit de samedi à dimanche au quartier Mulo, précisément dans la cellule Vutenge, en commune de Lubero. Aucun bilan humain n’a été signalé, mais d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
Selon les informations communiquées par M. Mumbere Vahalwire Jackson, président de la Société civile Forces vives, noyau de Lubero, la maison sinistrée appartient à Mme Denise Kahindo.
D’après plusieurs témoignages recueillis localement, la propriétaire ferait l’objet d’accusations de sorcellerie de la part d’une frange de la population, qui l’associerait, sans qu’aucune preuve ne soit établie, à plusieurs décès récemment enregistrés dans la cellule voisine de Kyahali. À ce stade, ces allégations n’ont été confirmées par aucune autorité compétente.
Selon les mêmes sources, ces accusations pourraient être à l’origine de l’incendie perpétré au cours de la nuit. Les circonstances exactes de cet acte ainsi que l’identité de ses auteurs demeurent toutefois inconnues.
Contacté par téléphone, le président de la Société civile Forces vives de Lubero a condamné avec fermeté cet acte qu’il qualifie de justice populaire.
« Nous ne pouvons pas accepter que des citoyens se rendent justice eux-mêmes. Il faut laisser les services compétents faire leur travail », a déclaré M. Mumbere Vahalwire Jackson.
La Société civile appelle les habitants des cellules de Mulo et de Kyahali à faire preuve de calme et de retenue. Elle exhorte également les autorités administratives, policières et judiciaires à diligenter une enquête afin d’identifier les auteurs de l’incendie et d’établir les faits relatifs aux accusations portées contre Mme Denise Kahindo.
« Il faut éviter tout amalgame et toute stigmatisation. La justice doit faire son travail afin que la paix revienne dans nos communautés », a insisté le responsable de cette structure citoyenne.
Jusqu’à la rédaction du présent article, aucune communication officielle n’avait été publiée par les autorités sur cette affaire. Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les dommages matériels causés par l’incendie sont jugés considérables.
Consmas Nyamwesa