Alors que le président Félix Tshisekedi séjourne aux États-Unis pour participer à la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, la RDC accuse un sérieux retard dans la ratification de l’Accord de Paix conclu à Washington le 27 juin 2025, sous le parrainage de l’ancien président américain Donald Trump.
En effet, si le Parlement rwandais a déjà validé cet accord dès le 29 juillet dernier, la Chambre basse congolaise n’a toujours pas procédé au vote. La raison ? L’Assemblée nationale était en vacances parlementaires depuis le 15 juin, conformément à la Constitution. La convocation d’une session extraordinaire, qui relevait soit du Président de la République, soit du Gouvernement, n’a pas été initiée.
Une rentrée parlementaire perturbée
La session ordinaire, ouverte le 15 septembre, aurait pu permettre de ratifier rapidement le texte. Mais l’hémicycle s’est aussitôt enlisé dans une crise institutionnelle : une pétition a été déposée contre le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Résultat, le Parlement doit d’abord installer un bureau provisoire, examiner les candidatures pour le nouveau bureau définitif et seulement ensuite établir l’agenda des travaux.
Conséquence : la ratification ne devrait intervenir qu’à la mi-octobre, au mieux.
Des signaux négatifs envoyés aux partenaires
Pendant ce temps, Kigali envoie un signal fort à la communauté internationale en affichant sa rapidité à honorer ses engagements. Kinshasa, elle, donne l’impression de perdre du temps et de manquer de visibilité dans son agenda diplomatique.
Un constat inquiétant, alors que les processus de Washington et de Doha semblent fragilisés. L’incertitude politique autour de Vital Kamerhe vient ajouter un poids supplémentaire sur l’image de la RDC, donnant l’impression que les priorités internes prennent le pas sur des accords stratégiques conclus au plus haut niveau.
Le paradoxe reste que Félix Tshisekedi, qui dispose d’une majorité écrasante de 95 % à l’Assemblée nationale, paraît affaibli dans la gestion d’une crise institutionnelle qui aurait pu être contenue.
En diplomatie comme en politique intérieure, la RDC n’a pourtant plus le luxe d’envoyer des signaux d’impréparation à ses partenaires extérieurs.