L’armée israélienne a annoncé, mardi 16 septembre avant l’aube, le lancement d’une offensive terrestre majeure visant la ville de Gaza, étape qualifiée de « phase principale » par un responsable militaire. Les troupes israéliennes progressent, selon l’armée, « vers le centre » de la plus grande ville de l’enclave, après une nuit de bombardements intenses qui a ravagé des quartiers résidentiels.
Selon l’armée, l’opération vise à neutraliser les combattants du Hamas présents dans la ville : les évaluations militaires parlent de « 2 000 à 3 000 » militants retranchés. « L’offensive principale sur la ville de Gaza a commencé la nuit dernière », a indiqué un responsable, confirmant que les forces du commandement sud ont étendu leurs activités terrestres dans le principal bastion du mouvement islamiste.
La nuit a été marquée par des explosions massives et des frappes touchant des zones résidentielles. Des témoins cités par l’AFP décrivent des scènes de destruction : des blocs d’habitations partiellement rasés, des victimes ensevelies sous les décombres et des familles contraintes à la fuite. « Il y a des bombardements partout… je ne supporte plus ça », confie Fida, une mère de famille qui a décidé de quitter la ville avec ses enfants à pied, faute de moyens de transport.
Des habitants parlent d’attaques d’hélicoptères, de colonnes de blindés et de chars se frayant un chemin dans les rues. Pour les ONG locales, l’intensification des frappes vise non seulement des positions du Hamas mais aussi à briser le tissu social de Gaza, poussant la population à fuir vers le sud. La Défense civile évoque un « massacre majeur » et des bilans provisoires qui continuent d’augmenter : mardi, 27 morts ont été signalés sur l’ensemble du territoire, après une journée déjà meurtrière lundi.
L’escalade a été condamnée par plusieurs capitales. Berlin a qualifié la nouvelle phase d’« extrêmement dangereuse » et a appelé à renouer au plus vite avec la voie des négociations pour un cessez-le-feu et la libération des otages. Plusieurs familles d’otages ont passé la nuit devant la résidence du Premier ministre israélien, exprimant leur peur pour la vie de leurs proches si l’offensive s’accélère.
Quelques heures avant le déclenchement ou l’intensification des opérations, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait réaffirmé à Jérusalem le « soutien indéfectible » des États-Unis à Israël, estimant cependant que la fenêtre diplomatique pour un accord serait très courte. Côté israélien, le ministre de la Défense Israël Katz a promis de poursuivre l’opération « jusqu’à ce que la mission soit achevée », déclarant vouloir frapper « d’une main de fer » les infrastructures du Hamas pour créer les conditions de la libération des otages.
Sur le terrain, la montée en intensité des combats provoque un afflux de blessés, des déplacements massifs et une détérioration rapide des conditions de vie. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme : hôpitaux débordés, manque d’accès aux soins et risques accrus pour les civils piégés dans les zones de combat.