Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a condamné la poursuite des massacres de civils dans la ville et le territoire de Beni, au Nord-Kivu, estimant que les récentes attaques illustrent les failles persistantes du dispositif sécuritaire instauré sous le régime de l’état de siège.
Dans un communiqué publié ce mardi 14 juillet, l’organisation, par la voix de son cofondateur et représentant régional pour les pays des Grands Lacs d’Afrique, Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, fait part de sa « profonde indignation » face aux violences qui continuent de frapper les populations civiles dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.
Selon le CIDHC, la récente attaque meurtrière perpétrée contre des civils au cœur de la ville de Beni témoigne une nouvelle fois de « l’extrême vulnérabilité des populations et de l’échec persistant des dispositifs sécuritaires mis en place sous le régime de l’état de siège ».
Le Consortium rappelle que, durant plusieurs mois, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Kakule Somo Evariste, avait indiqué ne pas disposer du contrôle des opérations militaires, une situation qui, selon lui, limitait sa capacité à garantir efficacement la sécurité des populations civiles.
Toutefois, souligne l’organisation, près de vingt-cinq jours après la restitution de la conduite des opérations militaires par la hiérarchie militaire, « les terroristes ADF ont réussi à commettre un nouveau massacre dans la ville de Beni », où sont établis les principales institutions provinciales, le quartier général du commandement militaire ainsi que celui des opérations Sokola I.
Pour le CIDHC, ces événements « soulèvent de sérieuses interrogations sur l’efficacité des mécanismes de protection des populations civiles » et mettent en évidence « les insuffisances persistantes dans la réponse sécuritaire face à la menace des ADF ».
L’organisation juge « inacceptable » que les habitants de Beni continuent de subir des attaques répétées malgré les dispositifs sécuritaires en vigueur.
« Les populations de Beni ont les mêmes droits à la vie, à la sécurité et à la protection que tous les autres citoyens de la République démocratique du Congo. Rien ne saurait justifier qu’elles continuent de vivre quotidiennement dans la peur, la mort et le deuil », souligne le communiqué.
Le CIDHC estime par ailleurs que les plus hautes autorités de l’État portent une responsabilité politique et institutionnelle dans la persistance de cette crise sécuritaire. L’organisation rappelle qu’en sa qualité de garant de la Nation et de commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est investi de la responsabilité constitutionnelle d’assurer la sécurité des citoyens sur l’ensemble du territoire national.
À ce titre, le Consortium considère que les mesures adoptées jusqu’à présent n’ont pas permis d’enrayer les massacres qui continuent d’endeuiller la région de Beni.
Face à cette situation, le CIDHC appelle les autorités congolaises à prendre « des mesures urgentes, concrètes et efficaces » afin de renforcer la protection des populations civiles, d’intensifier les opérations contre les groupes armés et de mettre un terme à cette crise humanitaire.
L’organisation plaide également pour l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur chaque massacre afin d’établir les responsabilités et de traduire en justice « les auteurs, coauteurs, complices ainsi que les éventuels responsables par négligence, conformément à la loi ».
Signalons que, le Consortium International pour les Droits Humains au Congo réaffirme son engagement à poursuivre son plaidoyer aux niveaux national et international pour la défense des droits fondamentaux des populations civiles, jusqu’au rétablissement durable de la paix, de la sécurité et de la dignité des habitants de Beni.
Mérite BAHOGWERHE