Dans son discours devant la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le mercredi 24 septembre 2025, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé un appel vibrant à la communauté internationale pour mettre fin à plus de trois décennies de massacres dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
« Un génocide silencieux »
Le Chef de l’État n’a pas mâché ses mots :
« Depuis plus de 30 ans, le peuple congolais est victime d’une guerre d’agression qui a causé des millions de morts, des villages entiers rayés de la carte et près de 7 millions de déplacés. Ce n’est pas un simple conflit : c’est un génocide silencieux. »
En évoquant le massacre de plus de 300 civils en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru, attribué au M23 soutenu par l’armée rwandaise, Félix Tshisekedi a visiblement ému une partie de l’assemblée.
Le Rwanda pointé du doigt
Le président congolais a salué la résolution 2773 du Conseil de sécurité exigeant le retrait immédiat du M23 et de ses soutiens, tout en rappelant que l’accord de paix signé à Washington engage le Rwanda à retirer toutes ses troupes de l’Est congolais.
« La paix durable ne sera possible que si les auteurs de ces crimes rendent des comptes et si leurs soutiens cessent toute ingérence », a-t-il insisté.
Justice pour les victimes
Félix Tshisekedi a demandé la création d’une commission d’enquête internationale indépendante pour documenter les crimes commis depuis trois décennies. Il a également plaidé pour des sanctions ciblées contre les responsables identifiés et pour la fin du financement des groupes armés via l’exploitation illicite des minerais.
Ce message résonne particulièrement dans un pays où les populations de l’Est vivent encore sous la menace quotidienne des groupes armés.
Un discours porteur d’espoir
En conclusion, le président a lancé un appel à l’unité et à la résilience du peuple congolais :
« Le monde doit reconnaître le génocide congolais. Ensemble, faisons en sorte que plus jamais un seul enfant ne soit tué, qu’aucune femme ne soit violée, qu’aucune famille ne soit déplacée pour des intérêts géopolitiques ou économiques. »
Ce discours place la guerre dans l’Est au centre de l’agenda international et pourrait marquer un tournant dans la recherche de solutions durables pour la paix en RDC.