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RDC : la Coalition de l’Article 5 soutient le dialogue national, mais exige que « le peuple congolais soit au centre du débat »

by Mérite Jean-Paul

La Coalition de l’Article 5 a apporté, samedi à Lubumbashi, un soutien nuancé à la décision du président de la République de convoquer un dialogue national et inclusif. Si la plateforme salue cette initiative qu’elle considère comme une avancée, elle insiste toutefois sur la nécessité de placer la souveraineté populaire au cœur du processus, conformément à l’article 5 de la Constitution.

Son initiateur, Me Caleb Banza, estime que cette concertation représente une opportunité historique pour permettre aux Congolais de reprendre en main leur destin. Il met cependant en garde contre le risque de voir ces assises se réduire à un partage du pouvoir entre acteurs politiques.

« Nous saluons la convocation par le Président de la République de ce dialogue national et inclusif, mais nous espérons qu’il répondra réellement aux attentes du peuple. Nous ne voulons pas que seuls les acteurs politiques, comme cela a souvent été le cas, soient mis en avant. C’est le peuple congolais qui doit être au centre de ce processus », a déclaré Me Caleb Banza.

Selon lui, les précédents dialogues organisés en République démocratique du Congo ont trop souvent privilégié les intérêts des élites politiques au détriment de ceux de la population.

« Notre histoire politique, y compris récente, montre que les salons politiques ont souvent pris le dessus sur l’intérêt général. Aujourd’hui, le peuple est éveillé et entend faire entendre sa voix. Notre contribution à ce dialogue consiste précisément à exiger que la population congolaise en soit le principal acteur », a-t-il poursuivi.

Pour la Coalition de l’Article 5, la souveraineté nationale ne peut être confisquée par une classe politique, quelle que soit son appartenance. Si les partis et regroupements politiques ont le droit d’exister et de participer au débat démocratique, ils ne sauraient, selon la plateforme, se substituer à l’ensemble du peuple congolais.

« Le fait de s’organiser en partis ou en mouvements politiques ne donne à personne le droit de se substituer aux quelque 120 millions de Congolais. Le Président de la République n’a pas prêté serment pour servir un camp politique, mais pour défendre les intérêts de toute la nation », a insisté Me Caleb Banza.

La plateforme estime que l’article 5 de la Constitution, qui consacre la souveraineté du peuple, constitue le fondement juridique permettant aux citoyens de s’exprimer directement sur les grandes orientations du pays, notamment à travers le référendum.

« Nous voulons un dialogue véritablement inclusif, qui ne soit pas un cadre de partage du pouvoir. Les Congolais sont fatigués de ces arrangements politiques. Nous souhaitons que cette opportunité permette d’écrire une nouvelle page de notre histoire en donnant enfin au peuple la possibilité de décider légalement et dignement de son avenir », a conclu l’initiateur de la Coalition de l’Article 5.

À travers cette prise de position, la Coalition de l’Article 5 affirme soutenir le principe d’un dialogue national, tout en appelant les autorités à faire de la participation citoyenne et de la souveraineté populaire les piliers des futures concertations.

Mérite BAHOGWERHE

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