Sous l’égide des États-Unis, les délégations de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda ont entamé, ce mardi 21 octobre 2025, à Washington, la troisième session du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité.
Cette rencontre, prévue sur deux jours, s’inscrit dans la continuité de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 entre Kinshasa et Kigali. L’objectif : évaluer les progrès réalisés et accélérer la mise en œuvre des engagements pris par les deux parties dans un contexte de tension persistante à l’Est de la RDC.
Une diplomatie américaine en action
Lors de la signature de l’accord en juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait chaleureusement serré la main du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, sous le regard approbateur de son homologue congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Un geste hautement symbolique, salué comme une avancée diplomatique majeure dans une région marquée par des décennies d’instabilité et de méfiance.
Cette nouvelle session du mécanisme conjoint intervient après l’adoption, lors des réunions des 17 et 18 septembre, d’un cadre opérationnel baptisé “Conops” (Concept of Operations).
Ce document stratégique définit les étapes tactiques à suivre sur le plan militaire, notamment le lancement d’opérations conjointes contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais actif depuis plusieurs années sur le territoire congolais.
À la suite de cette adoption, les Forces armées de la RDC (FARDC) avaient adressé un message ferme aux FDLR, les appelant à déposer les armes et à se rendre aux autorités congolaises ou à la MONUSCO.
Cette posture traduit la volonté de Kinshasa de restaurer l’autorité de l’État tout en respectant les engagements du cadre de Washington.
La session de Washington revêt donc une importance stratégique : elle permettra d’évaluer les premiers effets de la mise en œuvre du Conops, entrée en vigueur le 1ᵉʳ octobre, et de consolider la coopération entre les deux pays.
Mais si les attentes sont élevées, les défis demeurent considérables, tant sur le plan militaire que politique. Les observateurs internationaux suivent de près cette dynamique, conscients que la réussite de ce processus pourrait marquer un tournant historique pour la stabilité des Grands Lacs.
À l’heure où les espoirs de paix renaissent timidement, cette troisième session pourrait offrir l’opportunité à Kinshasa et Kigali de tourner la page d’une rivalité ancienne et d’ouvrir un nouveau chapitre de coopération régionale.