Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a exprimé, dans une déclaration publiée le 24 juin 2026 à Goma, sa vive préoccupation face à des informations faisant état de graves violations des droits humains commises contre des élèves finalistes se rendant aux centres de passation de l’Examen d’État dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Selon cette organisation de défense des droits humains, les faits se seraient produits le 19 juin 2026 sur l’axe Iseya-Kilambo, dans le groupement Bafuna, secteur des Wanianga. Des candidats en route vers les centres de NTOTO et de Byungu auraient été interceptés par des éléments identifiés comme appartenant aux groupes armés Wazalendo.
D’après les informations recueillies par le CIDHC auprès de sources locales, plusieurs élèves auraient été victimes d’arrestations arbitraires, de violences physiques, de pillages et, pour certains, de violences sexuelles. L’organisation précise toutefois poursuivre ses efforts de documentation afin d’établir les circonstances exactes des événements et d’identifier les auteurs présumés.
Le CIDHC souligne que si ces allégations sont confirmées par des enquêtes indépendantes, impartiales et crédibles, elles constitueraient de graves atteintes aux droits fondamentaux des victimes, notamment au droit à l’intégrité physique et psychologique, au droit à l’éducation, à la liberté de circulation ainsi qu’à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
L’organisation rappelle également que la zone concernée est sous le contrôle du gouvernement congolais et estime que les autorités civiles et militaires ont l’obligation de garantir la protection des populations civiles, de prévenir les violations des droits humains et de poursuivre les responsables conformément aux lois nationales et aux engagements internationaux de la République démocratique du Congo.
Dans sa déclaration, le CIDHC insiste sur le fait que les violences visant des civils, particulièrement des élèves, sont strictement interdites par le droit international humanitaire. L’organisation estime que les actes rapportés, notamment les allégations de violences sexuelles, d’arrestations arbitraires, de traitements inhumains et de pillages, pourraient relever de crimes graves au regard du droit pénal international, sous réserve des conclusions des enquêtes judiciaires compétentes.
Face à la gravité des faits dénoncés, le CIDHC appelle à l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes et transparentes, à l’identification et à la poursuite des auteurs présumés, ainsi qu’à la mise en place de mesures de protection en faveur des victimes, des témoins et de leurs familles. L’organisation réclame également une prise en charge médicale, psychologique, sociale et juridique des personnes affectées.
Par ailleurs, le Consortium exhorte les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité sur les axes routiers et autour des établissements scolaires dans les zones touchées par l’insécurité.
Le CIDHC invite enfin la communauté internationale, les mécanismes onusiens compétents en matière de droits humains ainsi que le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à suivre de près l’évolution de cette situation et à soutenir les efforts de lutte contre l’impunité dans l’est de la RDC.
Rappelons que, l’organisation réaffirme son engagement à documenter les violations des droits humains, à défendre les victimes et à promouvoir la justice, la vérité et la protection des populations civiles dans les zones affectées par les conflits armés.
Mérite BAHOGWERHE