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Genocost : Marie-Claire Faray appelle à reconnaître les violences sexuelles comme une arme de génocide en RDC

by Mérite Jean-Paul

À l’occasion de la Journée nationale de commémoration du Génocide congolais (Genecost), célébrée le dimanche 2 août, Marie-Claire Faray, directrice du Centre pour les Femmes, la Paix et la Sécurité en République démocratique du Congo, a appelé à une reconnaissance accrue des violences sexuelles commises dans les conflits armés, estimant qu’elles constituent une arme de génocide au regard du droit international.

Prenant la parole lors d’une activité organisée à Kinshasa, elle a d’abord rendu hommage aux victimes des violences qui ont marqué l’histoire du pays.

« Je souhaiterais prendre la parole, premièrement, pour rendre hommage aux victimes. Le 2 août est une journée où tous les Congolais doivent s’incliner en mémoire de ces victimes, pas seulement celles des trente années de conflits armés, mais aussi toutes celles qui ont souffert au cours de notre histoire », a-t-elle déclaré.

S’appuyant sur la Convention des Nations unies de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, Marie-Claire Faray a soutenu que les violences sexuelles utilisées de manière systématique pour détruire un groupe humain relèvent déjà de la définition juridique du génocide.

« Les violences sexuelles en tant qu’arme de génocide sont déjà incluses dans l’article 2 de la Convention sur le génocide de 1948. Le viol est un procédé qui, en passant par les femmes, vise à détruire l’ensemble d’un groupe ethnique », a-t-elle expliqué.

La responsable du Centre pour les Femmes, la Paix et la Sécurité a également évoqué plusieurs localités de l’est de la RDC, notamment Mwenga, Kasika et Makobola, où, selon elle, des femmes auraient été enterrées vivantes afin de terroriser les populations et de provoquer leur déplacement forcé.

« Nous avons des femmes qui ont été enterrées vivantes à Mwenga, à Kasika et à Makobola pour faire peur aux populations, les faire taire et les déplacer. Des femmes ont également été réduites en esclavage sexuel et des enfants sont nés des viols commis durant les conflits », a-t-elle affirmé.

Marie-Claire Faray a estimé que l’ampleur des crimes commis en RDC reste difficile à établir en raison de la poursuite des violences et des déplacements de populations.

« Il n’existe pas de chiffre fiable sur le nombre de victimes, parce qu’il faut des données, et la guerre ne nous laisse pas le temps de les recueillir. Comment voulez-vous documenter ces crimes alors que les combats continuent et que les populations sont constamment déplacées ? », s’est-elle interrogée.

Pour la directrice du Centre, cette situation doit interpeller les autorités congolaises et renforcer les efforts en faveur de la paix, de la justice et de la documentation des crimes commis contre les populations civiles.

Elle a enfin appelé les pouvoirs publics à poursuivre les initiatives de collecte de preuves et d’accompagnement des survivants, estimant que la reconnaissance des violences sexuelles comme arme de génocide constitue un enjeu majeur dans la lutte contre l’impunité et dans le processus de réparation des victimes.

Mérite BAHOGWERHE

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