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RDC : après six années d’enquête, le CIDHC documente 986 incidents de violations des droits humains

by Mérite Jean-Paul

Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a rendu public, jeudi 1er octobre 2026 à Goma, son rapport d’enquête humanitaire indépendante sur les violations des droits humains et du droit international humanitaire en République démocratique du Congo. Le document, fruit de six années de recherches, recense 986 incidents documentés entre janvier 2020 et juin 2026 dans plusieurs provinces du pays.

À Goma comme à Bruxelles, le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a présenté, jeudi 1er octobre, les conclusions de son enquête consacrée à la situation des droits humains en République démocratique du Congo.Présenté à Goma par Me Jean Paul Paluku Ngahangondi, le rapport, condensé en 125 pages, revient sur plusieurs années de violences et de violations présumées des droits humains ainsi que du droit international humanitaire.

Il couvre une période allant de janvier 2020 à juin 2026.Selon le CIDHC, ce travail repose sur 986 incidents documentés, recueillis à travers 287 entretiens semi-directifs, des témoignages de victimes et de témoins, des documents officiels et institutionnels ainsi que des informations provenant de différentes sources.Le Consortium précise toutefois que son rapport ne prétend pas constituer une photographie exhaustive de l’ensemble des violations commises sur le territoire congolais durant la période étudiée.

« Le rapport est le résultat de six années de recherches fouillées », a expliqué Me Jean Paul Paluku Ngahangondi lors de la présentation du document à Goma.

Des violations recensées dans plusieurs provincesLes faits documentés par le CIDHC concernent plusieurs régions de la République démocratique du Congo, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema, le Kwango ainsi que la ville-province de Kinshasa.À travers ces différentes zones, les enquêteurs ont cherché à recueillir des informations sur les violations commises contre les populations civiles et à établir, lorsque cela était possible, les circonstances dans lesquelles les faits se sont produits.Le rapport met ainsi en évidence plusieurs catégories de violations, parmi lesquelles les atteintes au droit à la vie, les disparitions et enlèvements, les détentions arbitraires, les actes de torture et autres traitements dégradants, les violences sexuelles liées aux conflits, les déplacements forcés de populations, les pillages et destructions de biens.Sont également évoqués les attaques contre les civils, le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits, ainsi que les restrictions de circulation, les extorsions et l’existence de barrières considérées comme illégales.

Dans son rapport, le CIDHC fait notamment état de massacres, d’assassinats et d’exécutions sommaires. Le document évoque également des cas de mutilations et de tortures rapportés au cours des enquêtes.Certaines victimes auraient été ciblées en raison de leur appartenance réelle ou supposée à une communauté, de leur origine ou encore de leurs activités politiques.Pour les auteurs du rapport, l’établissement des responsabilités nécessite cependant des investigations supplémentaires permettant de déterminer avec précision les auteurs directs des faits, mais également d’identifier d’éventuels responsables hiérarchiques.

Le CIDHC estime également nécessaire de documenter les circonstances exactes dans lesquelles les attaques se sont produites ainsi que leurs mobiles.Une responsabilité difficile à établir dans un contexte de multiplication des acteurs armésL’une des difficultés relevées dans le rapport concerne l’évolution du contexte sécuritaire dans l’est de la RDC, particulièrement depuis la reprise des hostilités du M23 à la fin de l’année 2021.Depuis cette période, le paysage militaire et politique s’est profondément transformé, avec l’implication de plusieurs catégories d’acteurs : forces étatiques, groupes armés locaux et étrangers, forces régionales et autres acteurs présents dans les zones affectées par les conflits.

Pour le CIDHC, cette multiplicité d’acteurs complique considérablement l’établissement des chaînes de commandement et, par conséquent, la détermination des responsabilités dans les violations documentées.

« La présence et l’intervention de multiples forces étatiques, groupes armés locaux et étrangers, forces régionales et autres acteurs ont rendu la chaîne de commandement plus difficile à établir et les responsabilités plus complexes à documenter », relève le rapport.

Au-delà des chiffres, le document présenté à Goma se veut également un travail de documentation destiné à conserver la trace des faits rapportés au cours de la période couverte par l’enquête.Les 287 entretiens semi-directifs constituent l’un des éléments sur lesquels les enquêteurs disent s’être appuyés pour recueillir les témoignages et recouper les informations relatives aux différents incidents.

Le CIDHC affirme avoir également exploité des documents officiels et institutionnels ainsi que des informations provenant de plusieurs sources afin de renforcer la documentation des cas recensés.Avec ses 986 incidents documentés, le rapport dresse ainsi un tableau des différentes formes de violences et d’atteintes aux droits humains rapportées dans plusieurs régions de la RDC entre 2020 et juin 2026.Toutefois, le Consortium insiste sur une limite importante : le nombre d’incidents recensés ne représente pas l’ensemble des violations qui auraient été commises durant cette période.

Signalons que ,le rapport constitue donc, selon ses auteurs, une base de documentation et d’analyse susceptible de contribuer à la compréhension des violences enregistrées en RDC et à la poursuite des enquêtes visant à établir les responsabilités.La publication de ce document intervient alors que la situation sécuritaire dans l’est du pays demeure marquée par la présence de différents groupes armés et par les conséquences humanitaires des conflits successifs, notamment les déplacements de populations et les atteintes aux populations civiles.

Habariexpress.com

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