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« La Peau, Notre Priorité » : à Goma, un premier salon pour promouvoir les bonnes pratiques dermatologiques

by Mérite Jean-Paul

À Goma, Eczéma RDC a organisé, samedi 3 octobre 2026, la première édition du Salon de la peau. Placée sous le thème « La Peau, Notre Priorité », cette rencontre a réuni à l’hôtel Linda des personnes vivant avec des maladies dermatologiques, des médecins, des pharmaciens, des acteurs du secteur cosmétique ainsi que d’autres intervenants intéressés par la santé de la peau.

Au cœur des échanges : la connaissance du type de peau, l’utilisation des produits cosmétiques et la nécessité de privilégier l’avis des professionnels de santé.La santé de la peau demeure une préoccupation souvent reléguée au second plan, alors que les produits cosmétiques occupent une place importante dans les habitudes quotidiennes. À Goma, le premier Salon de la peau a voulu créer un espace permettant de rapprocher les patients, les spécialistes et les acteurs qui interviennent dans le domaine dermatologique.

Organisée dans le cadre de la campagne « La Peau, Notre Priorité », cette activité a été conçue comme un cadre d’information et de dialogue autour des maladies de la peau, de leur prévention et de leur prise en charge.Selon les organisateurs, les participants ont notamment eu l’occasion d’échanger avec des spécialistes, de mieux comprendre certaines pratiques liées aux soins de la peau et de s’informer sur l’utilisation plus sûre et responsable des produits cosmétiques et dermatologiques.

« La peau a besoin d’être bien nourrie et bien hydratée »Parmi les intervenants figuraient des professionnels de santé, dont la docteure Pascaline M, médecin dermatologue. Dans son intervention, elle a particulièrement insisté sur la nécessité de mieux comprendre l’utilisation des produits cosmétiques.

Pour elle, l’un des problèmes réside dans la perception que certaines personnes ont des cosmétiques, souvent considérés uniquement comme des produits destinés à embellir ou à modifier l’apparence de la peau.

« Souvent, il y a des personnes qui utilisent les cosmétiques sans savoir pourquoi on les utilise. Certains pensent que les cosmétiques servent juste à embellir la peau, alors qu’ils peuvent notamment contribuer à nourrir et à hydrater la peau », a expliqué la dermatologue.

La spécialiste a également mis en garde contre certaines pratiques visant à modifier volontairement la couleur de la peau. Selon elle, l’utilisation inappropriée de certains produits peut entraîner des complications dermatologiques et, dans certains cas, avoir des conséquences qui dépassent les manifestations visibles sur la peau.

« Malheureusement, les gens appliquent parfois les cosmétiques pour embellir la peau ou pour changer sa couleur. Et en changeant la couleur de la peau, il peut y avoir des conséquences et des complications », a-t-elle souligné.

L’objectif de son intervention était donc de favoriser une meilleure compréhension des produits utilisés quotidiennement et d’encourager les participants à adopter des pratiques adaptées à leur propre type de peau.Connaître son type de peau avant de choisir un produit

Pour la docteure Pascaline M, le choix d’un produit cosmétique ne devrait pas se faire au hasard. Elle recommande d’abord d’identifier son type de peau avant d’utiliser une lotion ou un autre produit.

« Ce que nous avons recommandé aux participants, c’est de connaître d’abord leur type de peau. Nous leur avons montré des techniques qu’ils peuvent utiliser pour savoir quel est leur type de peau », a-t-elle indiqué.

Cette connaissance doit ensuite permettre, selon elle, de mieux orienter le choix des produits utilisés quotidiennement.« À partir de là, ils peuvent utiliser des lotions adaptées à leur type de peau, des lotions qui ne vont pas détruire leur peau, mais plutôt contribuer à la nourrir », a-t-elle ajouté.Le message porté par la dermatologue rejoint ainsi l’objectif général du salon : réduire les pratiques basées sur les habitudes, les conseils non professionnels ou les informations circulant sans vérification.Entre pharmacies, fabricants et professionnels de santéAu-delà des personnes directement concernées par les maladies dermatologiques, le salon a également réuni plusieurs acteurs intervenant dans la chaîne de commercialisation et d’utilisation des produits destinés à la peau.

Charles Nd, membre de l’association des malades de la peau XMRDC et facilitateur de l’activité, estime que la rencontre a permis de mettre autour d’une même table des acteurs dont les rôles sont souvent distincts.

« Le Salon de la peau, c’est une séance pendant laquelle les grandes maisons, les vendeurs de produits pharmaceutiques à Goma ont échangé avec des médecins spécialisés dans le domaine de la dermatologie, mais aussi avec les personnes qui achètent des médicaments dans les pharmacies », a-t-il expliqué.

Selon lui, les discussions ont également porté sur les pratiques de certaines personnes qui achètent des produits pharmaceutiques avant de les mélanger ou de les transformer en produits destinés aux soins de la peau.Charles Nd estime que l’un des enseignements de la rencontre concerne justement la nécessité de renforcer les connaissances des différents intervenants sur les maladies dermatologiques.

« Nous avons pu comprendre que même ceux qui achètent des médicaments dans des pharmacies pour les traiter, les mélanger et produire ensuite des produits cosmétiques n’avaient pas beaucoup de notions sur les maladies de la peau, donc sur la dermatologie », a-t-il déclaré.

L’automédication au centre des préoccupationsLa question de l’automédication a également occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont été encouragés à ne pas utiliser des médicaments ou des produits dermatologiques sur la seule base des recommandations de proches, de vendeurs ou de personnes ne disposant pas des compétences médicales nécessaires.

« Tout le monde était d’accord qu’il faut éviter l’automédication, éviter les charlatans et éviter d’acheter des médicaments, surtout des crèmes, sans prescription ou n’importe où », a expliqué Charles Nd.

Il insiste également sur l’importance de s’adresser à des structures reconnues.« Il faut aller dans des pharmacies reconnues officiellement par l’État et par le ministère de la Santé », a-t-il ajouté.

Pour les organisateurs, cette sensibilisation est d’autant plus importante que les maladies de la peau peuvent être visibles, mais leurs causes et leur prise en charge nécessitent parfois l’intervention d’un spécialiste.

Le Salon de la peau ne devrait pas, selon les organisateurs, rester une activité isolée. Les échanges ont fait émerger l’idée d’organiser d’autres rencontres réunissant les fabricants de produits cosmétiques, les pharmacies reconnues et les dermatologues.

« Ils ont même sollicité qu’on organise prochainement un échange entre les fabricants de produits cosmétiques, les grandes pharmacies officiellement reconnues par le ministère de la Santé et les dermatologues, afin d’examiner et de comprendre les rôles de chaque partie prenante dans la prise en charge des maladies de la peau », a fait savoir Charles Nd.

Une telle démarche pourrait permettre de clarifier davantage les responsabilités de chacun et de favoriser une meilleure circulation de l’information auprès du public.MELOMINE, un produit présenté autour des soins de la peauLa rencontre a également constitué une occasion pour certains acteurs du secteur de présenter leurs produits. Parmi eux figurait MELOMINE, une gamme comprenant notamment une crème et une huile présentées comme destinées aux soins de la peau et particulièrement aux vergetures.Les documents commerciaux présentés lors de l’événement indiquent que l’huile contient notamment des huiles de tournesol et de soja ainsi que des extraits végétaux de Bacopa Monnieri, camomille, lavande, romarin et calendula, avec du bisabolol.

La gamme est présentée par son fabricant comme un soin destiné à améliorer l’apparence des vergetures, des cicatrices et de certaines irrégularités cutanées. Les documents commerciaux indiquent également une utilisation deux fois par jour pendant plusieurs mois.Une étude clinique présentée dans les supports commerciaux de la marque fait état d’un suivi de 50 personnes âgées de 14 à 45 ans pendant quatre mois. Le document affirme avoir observé une amélioration de l’apparence des vergetures chez les participants suivis. Ces résultats correspondent toutefois aux données présentées par le fabricant dans ses supports et doivent être distingués des recommandations générales formulées par les professionnels de santé présents au salon.La présentation du produit a ainsi permis aux participants de découvrir une solution commerciale parmi d’autres, tout en ouvrant la discussion sur la nécessité de mieux connaître la composition, l’usage et les indications des produits appliqués sur la peau.Au-delà des cosmétiques, une question de santé publiqueÀ travers cette première édition, Eczéma RDC entend également contribuer à la lutte contre les fausses informations relatives aux maladies dermatologiques et à leurs traitements.L’enjeu consiste notamment à encourager les personnes confrontées à un problème cutané à rechercher une information fiable et à consulter un professionnel de santé lorsque cela est nécessaire, plutôt que de multiplier les produits ou les traitements sans accompagnement médical.

Le salon a également favorisé les échanges entre les personnes vivant avec des maladies de la peau et les professionnels du secteur. Un dialogue présenté par les organisateurs comme essentiel pour mieux comprendre les difficultés rencontrées par les patients et améliorer leur orientation.

Signalons qu’à Goma, cette première édition du Salon de la peau aura donc surtout servi de cadre de sensibilisation autour d’une question souvent abordée sous l’angle esthétique, mais qui relève également de la santé.Sous le thème « La Peau, Notre Priorité », les organisateurs veulent désormais inscrire cette démarche dans la durée, avec davantage d’échanges entre dermatologues, pharmaciens, fabricants, patients et autres acteurs concernés par la santé de la peau en République démocratique du Congo.

Mérite BAHOGWERHE JEAN-PAUL

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