L’épidémie d’Ebola actuellement en cours en République démocratique du Congo et en Ouganda évolue à une vitesse nettement supérieure à celle des précédentes flambées enregistrées sur le continent africain, selon une analyse de cadrage publiée par l’Africa CDC.
Provoquée par la souche Bundibugyo (BDBV), cette épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 avec 246 cas suspects recensés. Sept jours plus tard, les données faisaient déjà état de 745 cas suspects, dont 83 confirmés, ainsi que de 176 décès suspects.
A lire aussi sur : Ituri : 18 cas suspects d’Ebola en fuite après l’incendie d’une tente d’isolement à Mongwalu https://habariexpress.com/ituri-18-cas-suspects-debola-en-fuite-apres-lincendie-dune-tente-disolement-a-mongwalu/
D’après les projections de l’Africa CDC, un scénario de riposte affaiblie pourrait conduire à un total cumulé compris entre 1 900 et 9 300 cas au centième jour suivant la déclaration officielle de l’épidémie, avec une estimation médiane évaluée à environ 3 600 cas.
L’institution sanitaire africaine souligne que la dynamique actuelle dépasse déjà celle observée lors des dix dernières épidémies d’Ebola recensées sur le continent, y compris les deux précédentes flambées liées à la souche Bundibugyo.
À titre comparatif, l’épidémie d’Ebola survenue entre 2018 et 2020 dans l’Est de la RDC avait enregistré 3 470 cas au total. En Ouganda, l’épidémie causée par la souche Soudan (SUDV) en 2022 avait comptabilisé 164 cas, tandis que la flambée de Bundibugyo de 2007-2008 avait fait 131 cas.
A lire aussi sur : Riposte à Ebola en zones M23 : Kinshasa s’appuie sur ses partenaires américains et qataris https://habariexpress.com/riposte-a-ebola-en-zones-m23-kinshasa-sappuie-sur-ses-partenaires-americains-et-qataris/
Les autres épisodes récents recensés en Afrique — notamment ceux de l’Équateur en 2020 et 2022, du Kasaï en 2025, de Guinée en 2021 ou encore de Beni en 2021 — étaient restés limités à des bilans relativement faibles, parfois réduits à quelques dizaines de cas, voire à un cas isolé.
Face à cette évolution préoccupante, les autorités sanitaires africaines appellent au renforcement rapide des capacités de riposte, notamment en matière de surveillance épidémiologique, d’isolement des cas et de coordination régionale.
Mérite BAHOGWERHE