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Nord-Kivu : « La population de Beni est abandonnée à son triste sort », dénonce Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi

by Mérite Jean-Paul

Dans une tribune, Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, co-président du Consortium international pour les droits humains au Congo (CIDHC) et représentant régional des pays des Grands Lacs d’Afrique, dénonce la persistance de l’insécurité dans la région de Beni. Il estime que les autorités congolaises n’apportent pas de réponse efficace face aux massacres attribués aux rebelles des ADF et aux nombreux drames qui frappent la population.

Selon Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi, la population de Beni continue de vivre dans un climat de peur marqué par des massacres, des accidents meurtriers et des déplacements de civils, tandis que les autorités peinent, selon lui, à assurer leur mission de protection.

L’auteur de la tribune cite notamment l’attaque survenue dans la nuit du 15 au 16 juillet 2026 contre la commune de Mangina, dans le territoire de Beni. D’après lui, cette attaque attribuée aux rebelles des ADF a fait au moins dix morts parmi les civils, plusieurs blessés graves ainsi que d’importants dégâts matériels, notamment l’incendie de plusieurs habitations.

« En moins de 48 heures, les attaques successives contre Mangina ont fait au moins quatorze morts, illustrant l’incapacité persistante des autorités à assurer la sécurité des populations », affirme-t-il.

Au-delà de l’insécurité liée aux groupes armés, Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi évoque également les nombreux accidents de circulation enregistrés sur l’axe Beni-Kasindi. Il rappelle que près de dix personnes ont perdu la vie entre le 29 juin et le 16 juillet 2026.

Il revient notamment sur la collision survenue le 15 juillet à Libona/Kapalata, entre Bulongo et Semuliki, impliquant un camion-citerne et un mini-camion, qui a fait un mort et un blessé grave. Il rappelle également l’accident de Makisabo du 29 juin, qui avait coûté la vie à six membres d’une même famille, ainsi que celui de Paida, le 4 juillet, où deux jeunes, dont un étudiant de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC/Beni), avaient trouvé la mort.

Dans sa tribune, Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi met également en cause les autorités militaires. Il rappelle que le gouverneur militaire du Nord-Kivu et commandant des opérations, le général-major Kakule Somo Evariste, avait auparavant indiqué que la conduite des opérations militaires ne relevait pas de ses attributions.

« Aujourd’hui que sa hiérarchie lui a restitué cette responsabilité, la situation sécuritaire dans la région de Beni ne connaît malheureusement aucune amélioration visible », écrit-il.

Selon lui, les massacres attribués aux ADF se poursuivent malgré l’état de siège et les différentes opérations militaires menées dans la région.

« Les ADF continuent de massacrer des civils avec une facilité déconcertante. Des hommes, des femmes et des enfants sont égorgés presque quotidiennement, sans que la population ne constate des opérations militaires d’envergure capables de neutraliser durablement cette menace », soutient-il.

L’auteur estime que cette situation alimente un profond sentiment d’abandon au sein de la population de Beni. Il juge que les nombreuses promesses faites depuis l’instauration de l’état de siège n’ont pas produit les résultats attendus.

Dans son analyse, Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi considère que le général-major Kakule Somo Evariste porte désormais une responsabilité importante dans l’évolution de la situation sécuritaire.

« Son incapacité à inverser la tendance, alors qu’il dispose désormais de l’autorité opérationnelle, soulève de sérieuses interrogations sur son leadership et sur l’efficacité du dispositif militaire mis en place », affirme-t-il.

Il étend également cette responsabilité au président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de commandant suprême des FARDC.

En conclusion, Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi appelle les autorités congolaises à privilégier des actions concrètes afin d’assurer la protection des populations civiles.

« Le peuple de Beni ne réclame ni des discours ni des justifications. Il réclame le droit le plus fondamental : celui de vivre. Chaque nouveau massacre constitue un rappel douloureux de l’urgence d’une réponse militaire efficace, cohérente et durable », conclut-il.

Mérite BAHOGWERHE

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