À l’occasion de la 10 190ᵉ réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au thème « Femmes, paix et sécurité », les délégations de la Chine, du Royaume-Uni, du Danemark, de la France et de la République démocratique du Congo ont plaidé, mercredi, pour un renforcement de la prévention, de la lutte contre l’impunité et de l’assistance aux survivants des violences sexuelles commises en période de conflit.
Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont réaffirmé, mercredi, leur engagement à intensifier la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits armés, lors de la 10 190ᵉ réunion consacrée au débat public sur le thème « Honorer la promesse du droit international aux survivants de violences sexuelles liées aux conflits », inscrit à l’ordre du jour « Femmes, paix et sécurité ».
Au cours de cette séance de haut niveau, plusieurs délégations ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, de protection des survivants, de documentation des violations et de poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes.
Le représentant de la Chine a estimé que le rétablissement de la paix, le respect de la souveraineté des États et le renforcement de l’assistance aux victimes constituent les fondements d’une réponse efficace face aux violences sexuelles liées aux conflits.
« Les violences sexuelles liées aux conflits foulent au pied les principes humanitaires les plus fondamentaux et mettent à l’épreuve notre humanité. La communauté internationale doit renforcer la solidarité et la coopération tout en respectant la souveraineté des États », a-t-il déclaré, appelant également à un soutien financier accru aux pays touchés ainsi qu’aux mécanismes des Nations unies.
De son côté, le représentant du Royaume-Uni a insisté sur l’importance de lutter contre l’impunité par des enquêtes indépendantes et des poursuites judiciaires effectives, tout en garantissant un accompagnement durable des survivants.
« La responsabilité est possible lorsqu’il y a une volonté politique et un soutien international. Nous devons garantir que les survivants, y compris les enfants touchés par les violences sexuelles liées aux conflits ou qui en sont nés, aient accès à la protection et au soutien nécessaires pour reconstruire leur vie », a-t-il affirmé.
La représentante du Danemark a, pour sa part, plaidé pour un recours systématique aux sanctions ciblées contre les responsables de violences sexuelles en période de conflit. Elle a également demandé aux parties citées dans le rapport du Secrétaire général de faciliter l’accès des Nations unies aux zones concernées afin de permettre des enquêtes indépendantes.
« Le Conseil de sécurité doit continuer d’utiliser pleinement les sanctions ciblées contre les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits. Nous voulons garantir que l’inscription sur la liste mène à la redevabilité, que la redevabilité mène à l’action et que l’action permette de mettre un terme à ces crimes », a-t-elle déclaré.
Le représentant de la France a rappelé le rôle central de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit, soulignant l’importance de préserver les mécanismes indépendants de documentation des violations du droit international humanitaire.
« Face à ces violences, la Représentante spéciale contribue à une fonction cruciale de notre organisation : vérifier, documenter de façon indépendante et impartiale les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, et nommer ceux qui les commettent », a-t-il déclaré.
Le diplomate français a également exhorté le Conseil de sécurité à mobiliser l’ensemble des instruments à sa disposition pour renforcer la protection des victimes et lutter contre l’impunité.
« Il nous revient, à nous, Conseil de sécurité, d’utiliser tous les outils à notre disposition pour faire reculer ces violences », a-t-il ajouté.
Intervenant au nom de la République démocratique du Congo avant de reprendre la présidence de la séance, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a estimé que la prévention durable des violences sexuelles passe par une action visant les causes profondes des conflits.
« Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu. Elle doit être de prévenir les conditions qui la rendent possible », a déclaré la cheffe du Gouvernement congolais.
Judith Suminwa Tuluka a notamment appelé la communauté internationale à intensifier les efforts pour démanteler les économies illicites, lutter contre la circulation des armes, combattre les réseaux criminels et mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles qui alimentent les conflits armés, particulièrement dans l’est de la République démocratique du Congo.
À travers leurs différentes interventions, les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur volonté de faire respecter le droit international, de renforcer la protection des survivants et d’intensifier la lutte contre l’impunité, tout en appelant à une mobilisation internationale accrue pour mettre fin aux violences sexuelles utilisées comme armes de guerre.
Mérite BAHOGWERHE