Un échange particulièrement animé a opposé le président du parti ECiDé, Martin Fayulu, et le cadre de l’UDPS, Peter Kazadi, lors d’un Space organisé sur X par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. Plusieurs personnalités politiques et acteurs de la société civile ont pris part à cette discussion consacrée à la situation politique en République démocratique du Congo.
Au cours de son intervention, Martin Fayulu a réaffirmé ses critiques à l’égard du président Félix Tshisekedi, estimant que son accession au pouvoir aurait bénéficié du soutien du président rwandais Paul Kagame. Selon lui, la crise sécuritaire et politique que traverse actuellement la RDC résulte des choix opérés par le chef de l’État depuis son arrivée au pouvoir.
L’opposant a également soutenu que les résultats de l’élection présidentielle de 2018 ne reflétaient pas la volonté populaire. Il a, en outre, rappelé les manifestations qu’il affirme avoir organisées contre ce qu’il qualifie de tentative de balkanisation de la RDC, estimant que le Rwanda joue un rôle central dans l’instabilité qui affecte l’Est du pays.
En réaction, Peter Kazadi a reproché à Martin Fayulu d’avoir éludé les questions qui lui étaient adressées au cours du débat. Dans une déclaration publiée à l’issue des échanges, le cadre de l’UDPS a accusé l’opposant de privilégier « les invectives, les contre-vérités et les attaques personnelles » au détriment d’un débat fondé sur les faits et les arguments.
« Le débat public n’est ni un concours d’insultes ni un théâtre de gesticulations. Il exige des faits, de la cohérence, de la rigueur et du courage intellectuel », a notamment déclaré Peter Kazadi, estimant que les interrogations qu’il avait soulevées demeuraient sans réponse.
Au cours de la discussion, Peter Kazadi a également interrogé Martin Fayulu sur son engagement face à l’occupation de certaines parties du territoire national par les rebelles du M23, soutenus, selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, par le Rwanda. Il lui a notamment reproché de ne pas avoir mobilisé une coalition politique d’une ampleur comparable à celle qu’il mène actuellement contre un éventuel projet de révision ou de changement de la Constitution.
Le débat s’est ensuite orienté vers les questions constitutionnelles. Peter Kazadi a contesté les affirmations de Martin Fayulu selon lesquelles une Constitution ne pourrait être modifiée dans un cadre démocratique, soutenant que plusieurs États ont procédé à des révisions constitutionnelles conformément à leurs mécanismes institutionnels. À titre d’exemple, il a évoqué l’évolution constitutionnelle de la France.
Martin Fayulu a, pour sa part, maintenu sa position. Bien qu’il ait reconnu ne pas être juriste de formation, il a affirmé avoir étudié l’histoire constitutionnelle de la RDC et estimé que les Constitutions ne prévoient pas leur propre remplacement, invitant son contradicteur à produire des exemples contraires. Les deux hommes ont poursuivi leurs échanges sur l’interprétation des mécanismes de révision constitutionnelle, sans parvenir à un consensus.
Signalons que, cette confrontation illustre la persistance des profondes divergences entre l’opposition et la majorité présidentielle, tant sur l’origine de la crise politique et sécuritaire que sur les questions relatives à la gouvernance et à l’évolution des institutions en République démocratique du Congo.
Mérite BAHOGWERHE