L’opposant congolais Moïse Katumbi est sorti de sa réserve à l’occasion d’une interview accordée à la Deutsche Welle (DW). Alors que le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution et de l’organisation d’un dialogue national continue d’alimenter la scène politique congolaise, l’ancien gouverneur du Katanga a multiplié les critiques à l’égard du pouvoir en place, tout en plaidant pour un dialogue inclusif comme voie de sortie à la crise.
Interrogé sur son opposition à la loi référendaire actuellement examinée au Parlement, Moïse Katumbi a réaffirmé son attachement à la Constitution qu’il considère comme un socle fondamental de protection du peuple congolais.
« La Constitution n’est pas une chemise que l’on peut changer à tout moment », a-t-il déclaré, estimant qu’une modification de la Loi fondamentale risquerait d’affaiblir la confiance des partenaires internationaux et des investisseurs.
L’ancien candidat à la présidentielle a également appelé le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à renoncer à tout projet de révision constitutionnelle. Selon lui, les préoccupations majeures de la population concernent davantage la gouvernance, l’insécurité et les conditions de vie que la réforme des institutions.
« Le président Tshisekedi doit revenir à la raison. Il n’est pas trop tard », a-t-il affirmé, avertissant que toute tentative de modification de la Constitution pourrait accentuer les tensions politiques dans le pays.
Moïse Katumbi a une nouvelle fois défendu l’idée d’un dialogue national inclusif réunissant toutes les parties prenantes, y compris les adversaires du pouvoir.
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S’appuyant sur l’expérience du Dialogue intercongolais de Accords de Sun City, il a rappelé que ce processus avait permis de mettre fin à une période de conflit armé et de favoriser le retour de la paix.
« On ne fait pas un dialogue avec ses amis. On le fait avec ses adversaires et même avec ses ennemis », a-t-il déclaré, estimant que seul un cadre de discussion inclusif pourrait contribuer à faire taire les armes dans l’Est du pays.
Abordant la question du partenariat entre la RDC et les États-Unis dans le domaine des minerais stratégiques, l’opposant a reconnu l’importance de cette coopération pour le développement du pays.
Toutefois, il a exprimé des réserves quant à la capacité du gouvernement à garantir le respect des engagements internationaux dans un contexte marqué, selon lui, par des controverses autour du respect de la Constitution.
Pour Moïse Katumbi, toute instabilité institutionnelle pourrait compromettre l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
Au sujet de la présence de l’ancien président Joseph Kabila à Goma, ville actuellement sous influence de l’AFC/M23, Moïse Katumbi a privilégié une approche conciliatrice.
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Selon lui, il appartient au président Félix Tshisekedi d’engager des discussions avec son prédécesseur afin de rechercher une solution pacifique aux tensions actuelles.
« Nous ne sommes pas des ennemis. Goma fait partie de la République démocratique du Congo. Il revient au chef de l’État d’harmoniser avec le président Kabila pour trouver une solution pacifique », a-t-il déclaré.
Signalons qu’à travers cette interview, Moïse Katumbi réaffirme son opposition à toute révision de la Constitution, tout en plaidant pour un dialogue politique inclusif qu’il considère comme indispensable au retour de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo.
Mérite BAHOGWERHE