Un échange marqué par des propos à la fois conciliants et critiques a opposé, en République démocratique du Congo, l’ancien vice-Premier ministre José Makila et le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, autour du rôle de l’Église catholique dans les processus politiques du pays.
Dans son intervention, José Makila a salué l’engagement de l’Église catholique, affirmant qu’elle a « toujours été au milieu du village », tout en remerciant la hiérarchie ecclésiastique pour son implication dans la recherche de solutions aux crises politiques successives.
Mgr Donatien Nshole a, en retour, rappelé les tensions passées ayant marqué ses relations avec certains acteurs politiques, évoquant notamment des critiques et insultes dont il aurait fait l’objet dans les médias. Tout en adoptant un ton plus apaisé, il a exprimé sa satisfaction face à ce qu’il considère comme une reconnaissance progressive du rôle de l’Église.
L’échange a ensuite pris une tournure plus politique, l’ancien ministre ayant rappelé les moments de dialogue politique organisés sous l’égide de la CENCO, notamment en 2016 dans le cadre du processus de la Conférence épiscopale, en présence de plusieurs acteurs politiques, dont l’actuel président de la République.
José Makila a toutefois mis en garde contre ce qu’il a qualifié d’inconstance de certains responsables politiques dans le respect de leurs engagements, estimant que les acteurs politiques congolais changeraient souvent de position en fonction des circonstances.
Il a également interrogé la pertinence de certains soutiens politiques accordés dans le passé à des acteurs aujourd’hui controversés, estimant que ces choix pourraient être réévalués à la lumière des évolutions actuelles.
En réponse, Mgr Donatien Nshole a rejeté l’idée d’un soutien partisan, précisant que l’Église n’avait pas soutenu des individus ou des camps politiques, mais défendu des principes et des valeurs jugés constants dans son action.
« Nous avons défendu des valeurs et des principes. Ce sont les mêmes que nous défendons aujourd’hui », a-t-il affirmé, tout en soulignant que certains acteurs politiques ayant soutenu ces démarches par le passé adoptent aujourd’hui des positions contraires.
Évoquant les critiques adressées à la classe politique congolaise, le prélat a estimé que les difficultés récurrentes du pays traduisent la nécessité d’un renouvellement profond de la classe dirigeante.
Signalons que, l’échange s’est conclu sur une note appelant implicitement à une réforme du leadership politique et à une meilleure cohérence entre engagements pris et actions posées dans la gestion des affaires publiques.
Mérite BAHOGWERHE