Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) affirme avoir reçu des informations concordantes faisant état de l’enlèvement présumé d’une femme identifiée sous le nom de Safi et de son nourrisson d’environ un mois dans le quartier Kabindula, à Uvira, au Sud-Kivu. L’organisation appelle les autorités à agir rapidement afin de faire la lumière sur cette affaire et d’assurer la protection des victimes.
Dans une alerte publiée ce vendredi 31 juillet, le CIDHC indique que les faits se seraient produits dans la matinée, lorsque la victime aurait été privée de sa liberté avec son bébé ainsi que ses autres enfants.
Selon les informations recueillies par l’organisation auprès de plusieurs sources locales, la famille aurait été séquestrée dans un conteneur dans des conditions jugées préoccupantes.
Le Consortium affirme que ces actes seraient attribués à des hommes présentés comme des éléments d’un groupe armé d’autodéfense (Maï-Maï/Wazalendo) dirigé par un individu se faisant appeler le « général René Itongwa », qualifié par l’organisation de chef autoproclamé.
« La victime aurait été prise pour cible au motif que son mari serait soupçonné d’avoir rejoint l’AFC-M23 », rapporte le CIDHC dans son communiqué.L’organisation ajoute que Mme Safi serait soumise à des menaces de mort, à des actes d’intimidation ainsi qu’à des traitements inhumains.
Elle indique également que les conditions de détention auraient entraîné une détérioration de l’état de santé du nourrisson, qui serait tombé malade.
« Ces allégations constitueraient de graves violations des droits humains, notamment du droit à la liberté, à la sécurité de la personne, à l’intégrité physique ainsi que des droits fondamentaux de la femme et de l’enfant », souligne le Consortium.Face à cette situation, le CIDHC exhorte les autorités compétentes à intervenir sans délai pour localiser et libérer la victime et son nourrisson.
L’organisation réclame également l’ouverture d’une enquête « indépendante, impartiale et diligente » afin d’établir les faits et d’identifier les éventuels responsables.
Le Consortium appelle par ailleurs les organisations nationales et internationales de défense des droits humains ainsi que les partenaires humanitaires à suivre de près l’évolution de ce dossier et à apporter toute l’assistance nécessaire à la victime et à sa famille.
« Le CIDHC réaffirme son engagement en faveur de la protection des populations civiles et continuera à suivre cette affaire jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ces graves allégations », conclut le communiqué signé par Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, co-président du Consortium et représentant régional pour les pays des Grands Lacs d’Afrique.
Signalons qu’à ce stade, aucune réaction officielle des autorités locales ni des personnes mises en cause n’avait été rendue publique. Leur version des faits sera publiée dès qu’elle sera disponible, conformément au principe du contradictoire.
Mérite BAHOGWERHE