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Sud-Kivu : le CIDHC alerte sur des cas d’extorsion visant les petits commerçants à Runingu

by Mérite Jean-Paul

Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a exprimé, dans une déclaration situationnelle publiée le 25 juin 2026, sa vive préoccupation face aux informations faisant état de prélèvements financiers imposés aux petits commerçants de l’agglomération de Runingu, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.

Selon cette organisation de défense des droits humains, une contribution hebdomadaire de 5 000 francs congolais serait exigée auprès des propriétaires de kiosques, boutiques, pharmacies et autres petits commerces opérant dans cette localité du groupement de Runingu, au sein de la chefferie des Bafuliiru.

D’après les informations recueillies par le CIDHC, cette mesure aurait été instaurée par certains responsables de mouvements Wazalendo (Maï-Maï), présentés comme des groupes supplétifs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sans consultation préalable de la population concernée ni base légale clairement établie.

L’organisation estime que cette situation suscite de fortes inquiétudes parmi les habitants et les opérateurs économiques locaux, déjà confrontés à un contexte socio-économique difficile marqué par la précarité et l’insécurité.

Dans sa déclaration, le CIDHC condamne fermement toute forme de tracasserie, d’extorsion, de taxation illégale ou de pression exercée sur les populations civiles. Selon lui, de telles pratiques portent atteinte aux droits économiques et sociaux des citoyens, compromettent les efforts de relance économique locale et accentuent davantage la vulnérabilité des ménages.

Le consortium rappelle par ailleurs que toute perception de taxes, redevances ou contributions auprès de la population doit être effectuée conformément aux lois de la République démocratique du Congo et dans le strict respect des principes de légalité, de transparence et de redevabilité.

Face à cette situation, le CIDHC demande la suspension immédiate de toute collecte de fonds ne reposant sur aucun cadre légal reconnu. Il appelle également les autorités politico-administratives, sécuritaires et judiciaires compétentes, tant au niveau du groupement de Runingu que de la chefferie des Bafuliiru, du territoire d’Uvira et de la province du Sud-Kivu, à diligenter des enquêtes afin d’identifier les responsables et de les sanctionner conformément à la loi.

Et a exhorté en outre l’ensemble des parties prenantes à respecter les droits fondamentaux des populations civiles et à s’abstenir de toute pratique susceptible de porter atteinte à leur dignité ainsi qu’à leurs moyens de subsistance.

Le CIDHC invite également les organisations de la société civile, les partenaires œuvrant dans le domaine des droits humains ainsi que les autorités compétentes à assurer un suivi rigoureux de cette situation. Il encourage enfin les citoyens à dénoncer, par des voies légales et pacifiques, tout acte de tracasserie, d’extorsion ou d’abus de pouvoir dont ils pourraient être victimes.

Réaffirmant son engagement en faveur de la défense des droits et libertés fondamentaux, de la promotion de l’État de droit et de la lutte contre toutes les formes de violations des droits humains, le Consortium International pour les Droits Humains au Congo appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour mettre un terme à ces pratiques et garantir la protection des populations civiles ainsi que de leurs activités économiques.

Mérite BAHOGWERHE

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