Une proposition de loi déposée le 7 mai 2026 à la Chambre des représentants des États-Unis envisage de faire des sanctions un instrument central de suivi et d’application des accords de Washington conclus entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Baptisé « Stable DRC Act », ce texte a été initié par le représentant démocrate Johnny Olszewski, également membre de la sous-commission Afrique de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants.
L’objectif principal de cette proposition est de fournir à l’administration américaine une base légale élargie permettant de sanctionner toute personne physique ou morale étrangère accusée de violer ou de compromettre délibérément les engagements contenus dans les accords de Washington.
Le projet prévoit notamment des mesures telles que le gel des avoirs, l’interdiction d’entrée sur le territoire américain ainsi que la révocation de visas déjà accordés. Ces sanctions pourraient viser différents acteurs impliqués dans la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, notamment des responsables de l’armée rwandaise, des dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars ainsi que l’ancien président congolais Joseph Kabila.
À travers cette initiative, les États-Unis entendent également clarifier leur position diplomatique sur le conflit dans l’Est congolais. Le texte affirme notamment la reconnaissance de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC et du Rwanda, tout en considérant l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC comme une menace pour les intérêts stratégiques américains en Afrique centrale.
La proposition de loi souligne par ailleurs la volonté de Washington d’utiliser les sanctions comme un mécanisme de soutien aux accords de paix et aux engagements régionaux conclus entre les différentes parties concernées.
Le député Johnny Olszewski s’était déjà illustré sur ce dossier en mai 2025, lorsqu’il avait cosigné, avec quatre autres élus américains, une correspondance adressée à Massad Boulos afin d’obtenir des clarifications sur la politique de l’administration Trump dans l’Est de la RDC.
Washington a déjà eu recours à des sanctions ciblées dans le cadre de ce conflit, notamment contre certaines entités commerciales chinoises accusées d’implication dans les dynamiques de crise dans la région.
Le texte a désormais été transmis à la Commission des affaires étrangères ainsi qu’à la Commission judiciaire de la Chambre des représentants. À ce stade, la proposition n’a pas encore été adoptée.
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