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RDC : l’énigme Bahati Lukwebo, entre patriotisme économique et pressions politiques

Dans l’arène politique congolaise, le nom de Modeste Bahati Lukwebo résonne aujourd’hui comme un véritable paradoxe. Figure de proue de l’Union sacrée de la Nation et soutien affirmé de la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi, cet acteur politique traverse une zone de turbulences qui interpelle.

Alors qu’il a fait le choix d’investir sa fortune en République démocratique du Congo plutôt que de la placer dans des paradis fiscaux, il se retrouve aujourd’hui sous pression à Kinshasa, tout en étant victime de spoliations dans l’Est du pays, notamment dans les zones affectées par la rébellion de l’AFC/M23.

Contrairement à certains responsables politiques accusés de privilégier l’exil des capitaux, Bahati Lukwebo s’est illustré comme un investisseur local et créateur d’emplois. Ses projets hôtels, exploitations agricoles, entreprises de transport et chantiers constituent un levier économique important pour des villes éprouvées comme Bukavu et Goma. Cependant, cet engagement économique semble aujourd’hui se retourner contre lui.

Dans la capitale, d’anciens dossiers fiscaux, jugés peu consistants par ses proches, seraient en voie de réactivation. Parallèlement, des accusations de collusion avec le M23 circulent dans certains milieux, en décalage avec la réalité observée sur le terrain.

En effet, plusieurs éléments contredisent cette thèse. Des établissements hôteliers lui appartenant auraient été occupés par des membres de la rébellion, dont une grande partie des chambres réquisitionnées de manière permanente. Depuis fin mars 2026, la gestion de certains de ces hôtels aurait été reprise par l’AFC/M23, avec obligation de transmettre régulièrement les recettes aux structures financières du mouvement.

Par ailleurs, plusieurs biens immobiliers résidences, appartements et autres propriétés seraient actuellement sous contrôle hostile, les locataires étant contraints de verser leurs loyers aux rebelles. À cela s’ajoutent des cas de pillage de matériels : véhicules, bus, équipements industriels et engins de forage auraient été emportés.

Face à cette situation, le gérant du Groupe Taverne à Bukavu a recommandé, dans une correspondance datée du 17 avril 2026, un licenciement pour cas de force majeure du personnel restant, l’entreprise n’étant plus en mesure d’assurer ni la sécurité de ses actifs ni le paiement des salaires.

Le cas Bahati Lukwebo soulève une interrogation majeure : quel signal la RDC envoie-t-elle à ses investisseurs ? Si un acteur économique national, engagé dans le développement de son pays, se retrouve fragilisé dans un tel contexte, cela pourrait entamer la confiance des investisseurs locaux.

Dans un pays en quête de relance économique, la question de la protection des investissements nationaux apparaît plus que jamais cruciale.

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