Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ont décidé d’institutionnaliser un dialogue permanent afin d’améliorer le climat des affaires et de lever les contraintes qui freinent les activités commerciales. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion technique tenue mercredi 8 juillet à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.
Les travaux ont été présidés par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre intérimaire de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo. Cette initiative a été favorablement accueillie par les représentants du secteur privé, qui y voient un cadre de concertation susceptible d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des opérateurs économiques.
Cette rencontre intervient au lendemain de la visite effectuée par les deux membres du Gouvernement au poste frontalier de Kasumbalesa, principal corridor commercial de la République démocratique du Congo avec la Zambie, par lequel transitent quotidiennement près de 1 000 camions transportant des marchandises.
À cette occasion, le président de la FEC/Haut-Katanga, Patrick Milando Kabey, a présenté les principales difficultés auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques de la province, notamment les lourdeurs administratives, les délais de traitement de certains dossiers et les obstacles liés aux procédures commerciales.
En réponse, le ministre du Commerce extérieur a dévoilé une feuille de route articulée autour de sept mesures destinées à moderniser les échanges commerciaux et à améliorer l’environnement des affaires.
« Notre ambition est de bâtir une administration commerciale plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers l’accompagnement des opérateurs économiques », a indiqué Julien Paluku Kahongya.
Parmi les réformes annoncées figurent l’harmonisation du système de scellé électronique, la clarification du cadre juridique de la dématérialisation du numéro Import-Export, la réduction des délais de traitement des demandes de dérogation, l’allègement des procédures administratives, la décentralisation de certaines décisions ainsi que la création d’une plateforme numérique permanente de concertation entre l’administration et le secteur privé.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la vulgarisation du Régime commercial simplifié (RECOS), présenté comme un instrument essentiel pour faciliter les échanges transfrontaliers des petits commerçants et des populations vivant le long des frontières.
« Le RECOS constitue un levier important pour dynamiser le commerce régional, soutenir les petits opérateurs économiques et accélérer l’intégration économique de notre pays dans son environnement régional », a-t-il expliqué.
En présence du ministre provincial de l’Économie, du Commerce et des Transports, Georges Babunyi Mbau, ainsi que du directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC), Pierre Lohohola, Julien Paluku Kahongya a également exhorté les entrepreneurs du Grand Katanga à saisir les opportunités qu’offrent les marchés chinois, britannique, émirati et américain.
Il a, à cet effet, rappelé les perspectives liées au renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) ainsi qu’à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en soulignant l’importance du respect des normes sanitaires et phytosanitaires pour accéder aux marchés internationaux.
Abordant le volet des infrastructures commerciales, le ministre du Commerce extérieur a annoncé la construction prochaine d’un poste frontalier à arrêt unique à Kasumbalesa, avec l’appui de DP World et de la Banque mondiale. Le projet comprend également la mise en place d’un port sec moderne destiné à fluidifier le trafic des marchandises et à réduire les délais de passage à la frontière.
De son côté, le ministre intérimaire de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo, a invité les opérateurs économiques à investir davantage dans la protection et la promotion de l’industrie locale afin de renforcer la compétitivité de l’économie congolaise.
Pour sa part, le président de la FEC/Haut-Katanga, Patrick Milando Kabey, s’est réjoui des engagements pris par le Gouvernement.
« L’instauration de ce dialogue permanent constitue une avancée majeure. Elle ouvre la voie à un environnement des affaires plus attractif, plus compétitif et davantage favorable aux investissements privés », a-t-il déclaré.
Les différentes parties se sont engagées à poursuivre les échanges dans ce nouveau cadre de concertation afin d’assurer un suivi régulier des réformes et d’accélérer la mise en œuvre des mesures destinées à améliorer durablement le climat des affaires en République démocratique du Congo.
Guellord Risasi