Détenu depuis le 18 juillet 2026, l’activiste des droits humains Clovis Mutsuva a été transféré, mardi 11 août, dans une structure sanitaire de Beni pour y recevoir des soins médicaux. Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC), qui suit son dossier, dit prendre acte de cette prise en charge tout en appelant les autorités à garantir au détenu l’ensemble de ses droits fondamentaux.
Selon les informations communiquées par le CIDHC, le transfert de Clovis Mutsuva est intervenu sur recommandation du médecin de la maison carcérale, en raison de la nécessité d’une prise en charge médicale. L’activiste est actuellement admis au pavillon militaire de l’Hôpital général de Beni, où il reçoit des soins.
Pour le CIDHC, cette évacuation médicale constitue une mesure nécessaire compte tenu de la situation sanitaire du détenu. L’organisation rappelle que la privation de liberté ne prive pas une personne de ses droits fondamentaux, notamment du droit à la dignité, à l’intégrité physique et à l’accès aux soins.
« Toute personne privée de liberté conserve son droit à la dignité, à l’intégrité physique et à l’accès effectif aux soins médicaux », rappelle le CIDHC dans sa communication, insistant sur la responsabilité des autorités à l’égard des personnes placées sous leur garde.
Une plainte déposée auprès de l’Auditeur général des FARDC, Le transfert de Clovis Mutsuva intervient alors que son dossier fait également l’objet d’une démarche judiciaire initiée par sa famille.Le lundi 10 août, la famille de l’activiste, par l’intermédiaire du Cabinet Bahati Batwana et Associés, a saisi l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à Kinshasa.
La plainte vise notamment l’Auditeur supérieur près la Cour militaire du Nord-Kivu.D’après le CIDHC, cette démarche dénonce plusieurs faits présumés, notamment la non-assistance à personne en danger ainsi que des violations des droits garantis aux particuliers.Cette procédure intervient dans un contexte où l’état de santé de Clovis Mutsuva suscite des préoccupations au sein de sa famille et des organisations qui suivent son dossier.
Le CIDHC estime ainsi que la prise en charge médicale doit être assurée de manière continue et adaptée à son état de santé.Le CIDHC demande l’accès de la famille et des avocatsAu-delà de la question médicale, l’organisation de défense des droits humains demande aux autorités judiciaires et militaires compétentes de veiller au respect des garanties accordées à toute personne détenue.
Le CIDHC réclame notamment que Clovis Mutsuva puisse bénéficier d’un accès effectif et continu aux soins médicaux appropriés, mais aussi que son intégrité physique et sa dignité soient préservées pendant toute la durée de sa détention.L’organisation insiste également sur la nécessité de permettre à l’activiste de rester en contact avec sa famille et ses avocats, conformément aux dispositions légales applicables.
« La détention d’une personne ne saurait constituer une justification à la privation de ses droits fondamentaux », soutient le CIDHC, qui rappelle aux autorités leur obligation de protéger la vie et l’intégrité physique de toute personne placée sous leur responsabilité.Pour cette organisation, le respect des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable demeure également essentiel dans la suite de la procédure.
Elle appelle ainsi à une procédure judiciaire « indépendante, impartiale et conforme aux garanties d’un procès équitable ».Une situation suivie de prèsLe CIDHC affirme qu’il continuera à suivre l’évolution de la situation de Clovis Mutsuva, notamment en ce qui concerne son état de santé et les conditions de sa détention.
L’organisation demande par ailleurs que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son arrestation et de sa détention, ainsi que sur les éventuelles violations de ses droits dénoncées par sa famille et ses conseils.
Signalons que, Pour le CIDHC, le transfert de Clovis Mutsuva vers une structure sanitaire constitue une première mesure importante, mais ne saurait à lui seul mettre fin aux préoccupations exprimées autour de son dossier. L’organisation appelle donc les autorités compétentes à garantir sa sécurité, son accès aux soins et le plein exercice de ses droits pendant toute la durée de la procédure.
Mérite BAHOGWERHE