Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a endeuillé plusieurs localités de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Selon des informations relayées par le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC), des agriculteurs ont été pris pour cible vendredi dans les villages de Kididiwe, Lizigo et Kinyamusehe.
D’après les premiers éléments recueillis auprès de sources locales, des hommes armés ont attaqué des civils qui travaillaient dans leurs champs. Le bilan provisoire fait état d’au moins cinq personnes tuées, tandis que plusieurs autres auraient été enlevées par les assaillants. Plusieurs motos appartenant aux victimes ou aux habitants ont également été incendiées.
Dans une déclaration publiée le même jour, le CIDHC a condamné avec fermeté cette nouvelle tuerie qu’il qualifie d’« énième tragédie » dans une région confrontée depuis plusieurs années à une insécurité persistante.
A lire aussi : https://habariexpress.com/insecurite-a-beni-les-forces-vives-denoncent-linefficacite-des-dispositifs-de-protection/
L’organisation de défense des droits humains estime que ces attaques constituent de graves violations des droits fondamentaux des populations civiles et du droit international humanitaire. Elle rappelle que les victimes étaient essentiellement des agriculteurs dont l’activité quotidienne consistait à assurer leur subsistance.
Le CIDHC s’inquiète également de la poursuite des violences malgré l’état de siège instauré dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri dans le cadre de la lutte contre les groupes armés. Selon l’organisation, les populations continuent de subir les conséquences des attaques répétées alors que les efforts de sécurisation peinent à produire des résultats visibles sur le terrain.
Dans sa déclaration, le consortium critique également ce qu’il considère comme une insuffisance des réponses sécuritaires apportées par les forces engagées dans les opérations militaires contre les groupes armés, notamment les opérations Sokola I ainsi que les opérations conjointes FARDC-UPDF dites « Shujaa ».
A lire aussi : https://habariexpress.com/rdc-face-aux-menaces-17-defenseurs-des-droits-humains-et-deux-journalistes-soutenus-par-le-bcnudh/
Le CIDHC souligne par ailleurs que la région de Beni demeure l’un des épicentres de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis plusieurs années, des milliers de civils ont été tués, blessés, déplacés ou traumatisés par les violences attribuées aux groupes armés actifs dans la zone.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités congolaises à renforcer les dispositifs de protection des populations civiles, à améliorer les capacités de renseignement et d’intervention des forces de sécurité et à prendre des mesures urgentes pour prévenir de nouvelles attaques.
Le CIDHC demande également l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les circonstances exactes de cette nouvelle attaque et d’identifier les éventuelles défaillances sécuritaires ayant favorisé sa survenue.
A lire aussi : https://habariexpress.com/rdc-le-cidhc-denonce-les-failles-du-dispositif-securitaire-apres-une-nouvelle-attaque-meurtriere-a-beni/
Tout en présentant ses condoléances aux familles endeuillées et sa solidarité aux blessés ainsi qu’aux communautés affectées, l’organisation réaffirme son engagement à dénoncer les violations des droits humains commises contre les populations civiles.
« La protection des populations civiles est une obligation de l’État. L’impunité ne doit jamais triompher de la justice », conclut le CIDHC dans son communiqué signé à Goma le 12 juin 2026 par ses co-présidents, Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi et Roland Pitchou Shomongo Mbey.
Mérite BAHOGWERHE