À Beni, dans la province du Nord-Kivu, le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) monte au créneau après la mort de Paluku Mukwanza, survenue alors qu’il était détenu dans un cachot de la Police nationale congolaise (PNC).
L’organisation de défense des droits humains demande l’ouverture rapide d’une enquête indépendante afin de déterminer les circonstances exactes de ce décès et d’établir les éventuelles responsabilités.Selon les informations communiquées par le CIDHC, Paluku Mukwanza aurait été interpellé lors d’une patrouille de la PNC.
Il aurait ensuite été placé en détention dans un cachot de la police à Beni. L’organisation affirme que le détenu serait resté privé de liberté faute d’avoir pu s’acquitter de sommes qui lui auraient été exigées.Une situation que le CIDHC considère comme particulièrement préoccupante, au regard des principes fondamentaux relatifs à la protection de la vie et à la liberté individuelle.
« La pauvreté ne peut jamais constituer un motif de privation arbitraire de liberté, et aucun citoyen ne doit mourir dans un cachot sous la responsabilité de l’État », dénonce Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, co-président et représentant régional du Consortium International pour les Droits Humains au Congo.
Pour cette organisation, les circonstances entourant la mort de Paluku Mukwanza nécessitent des clarifications. Elle réclame ainsi la mise en place d’une enquête indépendante et transparente permettant de déterminer notamment les conditions dans lesquelles la victime a été interpellée, les raisons de son maintien en détention ainsi que les circonstances ayant précédé son décès.
CIDHC estime également que les conclusions de cette enquête doivent permettre d’identifier d’éventuelles personnes responsables, si des violations de la loi ou des droits fondamentaux sont établies.L’organisation appelle par conséquent les autorités judiciaires compétentes à se saisir de l’affaire et à faire toute la lumière sur ce dossier. Elle demande que toute personne dont la responsabilité serait établie puisse répondre de ses actes conformément à la législation congolaise.
Au-delà de ce cas particulier, le CIDHC alerte sur la nécessité de garantir le respect des droits des personnes détenues, notamment dans les lieux de privation de liberté relevant des services de sécurité.
« À Beni, la vie humaine doit avoir une valeur. La justice doit protéger les citoyens et non devenir une source de souffrance ou de mort », insiste Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi.
Pour CIDHC, la mort de Paluku Mukwanza doit ainsi faire l’objet d’un examen sérieux et transparent, afin que les circonstances de son décès soient établies et que les responsabilités éventuelles ne restent pas sans suite.
Mérite BAHOGWERHE