La rentrée scolaire 2026-2027 a été officiellement lancée ce mardi 1er septembre à l’Institut de Goma, dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. La cérémonie a été présidée par le coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), Corneille Nangaa, en présence de responsables de l’éducation, d’autorités locales, d’enseignants, de parents et d’élèves.
Après plusieurs semaines de vacances, des milliers d’élèves ont repris le chemin de l’école dans les zones sous administration de l’AFC/M23. À Goma, la cérémonie officielle de lancement de la nouvelle année scolaire a été l’occasion pour les autorités éducatives de dresser le bilan de l’année 2025-2026 et de présenter les priorités pour le nouvel exercice scolaire.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, le préfet de l’Institut de Goma a salué les résultats enregistrés par son établissement au cours de l’année scolaire écoulée.Selon les chiffres présentés par la direction de l’école, plusieurs élèves ont participé aux différentes épreuves de fin d’année, avec des résultats jugés satisfaisants par les responsables de l’établissement.
Le vice-gouverneur chargé notamment des questions liées à l’administration éducative, Amani Shadrack, a présenté ce qu’il a décrit comme le bilan de l’année scolaire 2025-2026 dans les zones administrées par l’AFC/M23.Selon les statistiques communiquées au cours de la cérémonie, la province éducative aurait enregistré 965 745 élèves inscrits, dont 468 187 filles, soit une proportion de 48,48 %.
« Sur l’ensemble de ces inscrits, 847 645 élèves ont mené à bien leur cursus, soit un taux de fin d’année de 87,77 % », a déclaré Amani Shadrack.
Les autorités éducatives ont également affirmé que le réseau scolaire concerné comptait 2 727 établissements, encadrés par environ 30 420 enseignants.Au total, 786 499 bulletins scolaires auraient été distribués au cours de l’année scolaire, selon les chiffres présentés par les responsables de l’administration éducative.
S’agissant des épreuves certificatives, Amani Shadrack a indiqué que 184 311 finalistes avaient pris part aux différentes épreuves nationales, notamment l’ENAFEP, le TENASOSP et l’Examen d’État.
« L’année s’est clôturée avec un taux global de réussite de 87 % », a-t-il affirmé.
Il a également salué l’appui de l’UNICEF dans l’acheminement des épreuves destinées aux élèves, soulignant que l’organisation avait contribué à la tenue des examens dans les zones concernées.« Ces performances ne relèvent pas du hasard »
Pour le vice-gouverneur, les résultats présentés sont le résultat de plusieurs actions menées au cours de l’année scolaire.Il a notamment cité l’organisation de réunions régulières de concertation et d’évaluation avec les responsables du secteur éducatif, ainsi que la mise en place de mécanismes de préparation pour les élèves finalistes.
« Ces performances ne relèvent point du hasard. Elles incarnent le fruit d’actions conjuguées et d’une ingénierie administrative de proximité », a-t-il soutenu.
Selon lui, des évaluations préparatoires ont notamment été organisées pour permettre aux élèves finalistes, particulièrement ceux des filières techniques, de mieux se préparer avant les examens d’État.L’autorité a également évoqué des mesures d’accompagnement en faveur des enseignants et des agents de l’administration scolaire, ainsi qu’un suivi accru des établissements privés.La collecte régulière de données statistiques dans les écoles a également été présentée comme l’un des mécanismes utilisés pour assurer le suivi du système éducatif.
Pour Amani Shadrack, les résultats obtenus au cours de l’année écoulée ne doivent cependant pas conduire au relâchement.« Ce taux de réussite de 87 % nous enjoint à ne point baisser la garde, mais à redoubler d’ardeur », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur une citation attribuée à l’industriel américain Henry Ford, il a appelé à une collaboration entre les autorités, les gestionnaires d’écoles, les enseignants, les parents et les élèves.« Se réunir est un début. Rester ensemble est un progrès. Travailler ensemble est la réussite », a-t-il rappelé.
Corneille Nangaa : « Fini les vacances, place désormais à l’école »Prenant ensuite la parole, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, s’est directement adressé aux élèves à l’occasion de cette rentrée scolaire.
« Fini les vacances, place désormais à l’école », a-t-il lancé devant les élèves réunis à l’Institut de Goma.
Il a rappelé que les vacances avaient été un moment de repos pour les enfants, mais aussi, pour certains, une période consacrée aux activités familiales, ménagères, champêtres ou commerciales.Selon lui, la nouvelle année scolaire doit être considérée comme une nouvelle étape dans la préparation de l’avenir des enfants.
« Très chers enfants, vous êtes et vous demeurez la prunelle de nos yeux. En chacun de vous, chaque parent place l’espoir et le rêve d’un monde meilleur », a déclaré Corneille Nangaa.
Dans son discours, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a insisté sur la place de la jeunesse dans la construction de l’avenir du pays.« Vous êtes aussi les porteurs de la promesse d’un Congo plus beau qu’avant », a-t-il poursuivi.
L’école comme lieu du vivre-ensembleUne grande partie de son intervention a porté sur le rôle de l’éducation dans la formation des citoyens et la construction du vivre-ensemble.Corneille Nangaa a estimé que l’école ne devait pas seulement être considérée comme un lieu de transmission des connaissances, mais également comme un espace d’apprentissage des valeurs citoyennes.
« C’est à l’école que vous apprenez que le monde ne tourne pas uniquement autour de la famille, de la tribu, du village ou de la confession religieuse », a-t-il déclaré.Pour lui, l’école doit contribuer à renforcer la cohésion sociale et permettre aux enfants de se reconnaître comme membres d’une même communauté nationale.« C’est donc à l’école que s’apprend le vivre-ensemble, cette valeur indispensable au rêve de toute société », a-t-il insisté.
Il a souligné l’importance du développement du capital humain.Selon lui, les ressources naturelles d’un pays ne peuvent constituer, à elles seules, la principale garantie de son développement.
« Nous avons trop longtemps cru que notre véritable richesse se trouvait uniquement dans notre sous-sol, notre faune ou encore dans l’immensité de notre territoire. Mais la plus grande richesse d’une nation, ce sont ses femmes et ses hommes », a-t-il affirmé.
Il a ainsi appelé à faire de l’éducation une priorité.« Nous ne préparerons jamais les dignes héritiers de cette terre si nous ne faisons pas de l’éducation et du développement du capital humain l’une de nos premières priorités », a-t-il ajouté.L’éducation, « un droit et non un privilège »
Corneille Nangaa a évoqué plusieurs textes nationaux et internationaux relatifs au droit à l’éducation.Il a appelé les enseignants à transmettre aux élèves des valeurs liées à la dignité humaine, à la responsabilité et à la citoyenneté.« L’éducation est un droit et non un privilège. Aucune autorité, aucun régime, aucune circonstance ne devrait pouvoir priver une génération de ses droits fondamentaux », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a également évoqué les difficultés auxquelles, selon lui, les populations vivant dans les zones administrées par le mouvement ont été confrontées au cours de la période écoulée.Il a salué ce qu’il a qualifié de « maturité », de « courage » et de « résilience » des populations.« Nous avons choisi de regarder vers l’avenir. Et cet avenir, ce sont d’abord nos enfants », a-t-il affirmé.
Selon lui, la préservation de la continuité de l’année scolaire est restée une priorité malgré les difficultés évoquées par les autorités de l’AFC/M23.Un appel aux élèvesS’adressant enfin directement aux élèves, Corneille Nangaa les a appelés à prendre au sérieux leurs responsabilités durant cette nouvelle année scolaire.
« Votre mission commence aujourd’hui : apprendre, travailler, respecter vos enseignants, respecter vos parents et surtout croire en vous-mêmes », a-t-il déclaré.Pour le coordonnateur politique de l’AFC/M23, les enfants et les jeunes représentent l’avenir du pays.« Le Congo de demain vous appartient », a-t-il lancé.
À l’issue de son discours, Corneille Nangaa a officiellement procédé au lancement de l’année scolaire 2026-2027 dans les zones concernées.« Sur ce, je déclare officiellement ouverte l’année scolaire 2026-2027 en République démocratique du Congo. Excellente année scolaire à tous nos enfants. Plein succès au corps professoral et à tous », a-t-il conclu.
Signalons que,cette rentrée scolaire intervient dans un contexte particulier dans l’est de la République démocratique du Congo, où la question de la continuité de l’éducation demeure au cœur des préoccupations de nombreuses familles. Pour les élèves qui ont repris le chemin de l’école ce 1er septembre, cette nouvelle année représente désormais un nouveau défi, mais aussi l’espoir d’une formation et d’un avenir meilleur.
Mérite BAHOGWERHE