À Goma, Healing and Rebuilding Our Communities (HROC) a marqué, ce vendredi 14 août 2026, dix années d’engagement en faveur de la guérison des traumatismes, de la santé mentale et de la consolidation de la paix dans les communautés affectées par les conflits. Une décennie d’action au cours de laquelle l’organisation place la guérison communautaire au cœur du processus de reconstruction sociale.
À l’occasion de cet anniversaire, les membres, partenaires et différents acteurs engagés dans la promotion de la paix se sont réunis autour d’un live streaming consacré au thème : « Santé mentale et consolidation de la paix : quelle approche adaptée pour panser les blessures d’une société post-conflit ? »
Cette rencontre a été l’occasion de revenir sur les conséquences psychologiques et sociales des violences sur les populations, mais également de réfléchir aux mécanismes susceptibles de favoriser la reconstruction des individus et des communautés dans un contexte marqué par les conflits armés et leurs conséquences.
Pour HROC, la reconstruction d’une société ne peut pas se limiter aux infrastructures ou aux réponses sécuritaires et humanitaires. Elle doit également prendre en compte les blessures invisibles laissées par les violences : traumatismes, deuils, peur, méfiance, ruptures des relations sociales et difficultés à renouer le dialogue entre les communautés.
La guérison au cœur de la reconstruction, Intervenant au cours de cette activité, Jimmy Muhima, formateur et expert en guérison des traumatismes et résolution des conflits , a rappelé l’importance de l’approche développée par HROC dans le contexte particulier de la région des Grands Lacs africains.
Selon lui, la paix durable passe nécessairement par la prise en compte des blessures psychologiques et sociales provoquées par les conflits.
« La paix durable ne peut pas être construite sans prendre en compte les blessures psychologiques laissées par les conflits », a-t-il souligné.
Cette approche considère la guérison comme un processus qui dépasse l’accompagnement individuel. Elle vise également à reconstruire la confiance entre les membres d’une communauté, à restaurer les relations fragilisées par les violences et à créer des espaces permettant aux personnes affectées de parler de leurs expériences et de retrouver progressivement leur capacité à vivre ensemble.
Dans une région comme le Nord-Kivu, régulièrement confrontée aux violences armées et aux déplacements des populations, cette question apparaît particulièrement importante. Les conséquences des conflits ne se mesurent donc pas uniquement en pertes humaines ou en destructions matérielles. Elles affectent également durablement les rapports sociaux et la santé mentale des populations.« Une collaboration entre plusieurs acteurs est nécessaire »
De son côté, Bethy Bora a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents acteurs intervenant dans le domaine de la santé mentale et de la consolidation de la paix.
Elle estime que les professionnels de santé mentale, les organisations communautaires, les acteurs de paix, les autorités ainsi que les leaders locaux doivent travailler de manière complémentaire afin d’améliorer l’accompagnement des personnes touchées par les traumatismes.
« L’accompagnement post-traumatique nécessite une collaboration entre les différents acteurs : professionnels de la santé mentale, organisations communautaires, acteurs de la paix, autorités et leaders locaux », a-t-elle expliqué.
Cette collaboration permettrait notamment de mieux identifier les besoins des communautés, d’orienter les personnes en situation de vulnérabilité vers les services appropriés et de renforcer les mécanismes communautaires capables de prévenir de nouvelles tensions.
Dix ans après, HROC veut poursuivre son engagement
Après dix années d’activités, HROC entend poursuivre son travail autour de trois dimensions essentielles : la guérison, la reconstruction des relations et le renforcement de la cohésion sociale.
Pour l’organisation, prendre en compte la santé mentale des populations affectées par les conflits constitue une composante essentielle de tout processus de paix. Une communauté qui porte encore des traumatismes non pris en charge peut difficilement retrouver une confiance durable et reconstruire des relations solides.
À travers son expérience, HROC défend ainsi une conception de la paix qui ne se limite pas à l’absence de violences. Il s’agit également de permettre aux individus et aux communautés de retrouver leur dignité, de reconstruire la confiance et de participer à la construction d’un avenir commun.
Signalons que, 10ans après ses débuts, HROC entend donc maintenir le cap sur la guérison communautaire. Son message reste le même : panser les blessures du passé constitue une étape importante pour permettre aux communautés affectées par les conflits de reconstruire ensemble un avenir fondé sur la paix et la cohésion sociale.
Anicet Cito