La Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) a exprimé sa profonde préoccupation à la suite d’une nouvelle attaque ayant visé des populations civiles dans les Hauts Plateaux de Minembwe, en territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu. Dans une déclaration rendue publique le 8 juin 2026, l’organisation de défense des droits humains rapporte que le village d’Ilundu aurait été la cible de bombardements dans la nuit du 6 au 7 juin. Selon les informations recueillies auprès de sources locales, les frappes ont notamment touché le secteur connu sous le nom de « Chez le Pasteur Ruberanganizi ».
D’après la CRDH, cette attaque aurait coûté la vie à au moins deux personnes identifiées comme Prince Runezerwa Mahiyabo, âgé de 19 ans, décédé à son arrivée à l’hôpital général, et Résor Kigeri Mazuru, qui aurait succombé sur le lieu du bombardement.
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L’organisation fait également état de plusieurs blessés, parmi lesquels des enfants et des adultes ayant subi diverses blessures. Deux salles de classe de l’École Primaire Ilundu auraient également été endommagées lors de l’attaque.
La CRDH a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité envers les blessés ainsi qu’à l’ensemble de la communauté touchée par cette tragédie.
Selon l’organisation, cet incident s’inscrit dans un contexte marqué par des violences récurrentes affectant depuis plusieurs années les populations civiles banyamulenge vivant dans les Hauts Plateaux de Minembwe. Elle évoque notamment des attaques contre des villages, des déplacements forcés, des pillages, des destructions de biens civils ainsi que d’autres violations graves des droits humains.
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La CRDH se dit également préoccupée par des allégations faisant état de l’implication présumée d’une coalition composée d’éléments des FARDC, de la FDNB, de groupes Wazalendo, des FDLR et de mercenaires opérant dans la région. L’organisation souligne que ces accusations demeurent à vérifier et appelle à la conduite d’enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes afin d’établir les responsabilités
Au regard de la gravité des faits rapportés et de leur caractère répétitif, la CRDH estime que des investigations approfondies sont nécessaires pour déterminer si les actes dénoncés peuvent être qualifiés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’autres violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
L’organisation attire également l’attention sur les discours de stigmatisation et les violences visant la communauté banyamulenge, estimant que ces phénomènes doivent faire l’objet d’un examen rigoureux par les mécanismes nationaux et internationaux compétents afin de prévenir toute aggravation de la situation.
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Parmi ses recommandations, la CRDH plaide pour l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante sur les violences commises dans les Hauts Plateaux de Minembwe, la mise en place d’un mécanisme international de protection des populations civiles ainsi que l’implication du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
L’organisation demande également une attention particulière de la Cour pénale internationale aux événements signalés dans cette partie du Sud-Kivu et appelle à la poursuite judiciaire de toute personne qui serait reconnue responsable de violations graves des droits humains, indépendamment de son statut ou de son affiliation.
Signalons que, La CRDH réaffirme enfin son engagement à documenter les violations des droits humains, à accompagner les victimes dans leur quête de justice et à poursuivre son plaidoyer en faveur de la vérité, de la réparation des préjudices subis et des garanties de non-répétition.
Mérite BAHOGWERHE