Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a exprimé ce lundi 22 juin 2026 en ville de Goma , sa préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, où il affirme avoir recueilli des informations faisant état de la présence d’éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Dans une déclaration situationnelle rendue publique, l’organisation indique que plusieurs témoignages émanant de communautés locales, d’autorités coutumières, d’acteurs de la société civile ainsi que d’autres sources concordantes signalent la présence d’hommes armés, identifiés comme appartenant aux FDLR, dans les villages de Kabingu et de Matamba, situés dans le groupement Ihana, territoire de Walikale.
Selon le CIDHC, ces combattants circuleraient librement dans plusieurs localités et sur différents axes de la région, où ils auraient établi des positions permanentes ou semi-permanentes. Une situation qui, selon l’organisation, alimente les inquiétudes des populations civiles, lesquelles redoutent une aggravation de l’insécurité et une recrudescence des violences.
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L’organisation de défense des droits humains dénonce cette situation dans une zone officiellement placée sous le contrôle des autorités congolaises. Elle se dit particulièrement préoccupée par l’absence d’actions visibles et efficaces visant à mettre fin à la présence de ces groupes armés et à assurer la protection des populations civiles.
Le CIDHC rapporte également que plusieurs familles autochtones auraient été contraintes d’abandonner leurs terres agricoles et leurs habitations à la suite de menaces, d’actes d’intimidation et de violences attribués à ces éléments armés. L’organisation estime que cette situation risque d’aggraver davantage la crise humanitaire déjà préoccupante dans le territoire de Walikale, où une grande partie de la population dépend essentiellement de l’agriculture pour sa subsistance.
Au-delà des conséquences locales, le CIDHC considère que le maintien de combattants des FDLR dans cette partie du Nord-Kivu constitue une menace sérieuse pour les efforts de paix en cours dans la région des Grands Lacs. Alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont engagées en faveur d’une désescalade du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, la persistance de groupes armés étrangers sur le territoire congolais pourrait, selon l’organisation, compromettre les perspectives de stabilisation durable.
Le consortium rappelle qu’en mars 2026, le chef d’état-major général adjoint des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), chargé des opérations et des renseignements, le lieutenant-général Jacques Ychaligonza Nduru, avait officiellement lancé à Kisangani une opération de désarmement volontaire ou forcé des éléments des FDLR. Cette initiative avait été présentée comme une étape importante dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires de la RDC visant la neutralisation des groupes armés étrangers.
Cependant, plusieurs mois après son lancement, le CIDHC estime qu’aucun résultat concret et visible n’est perceptible sur le terrain. L’organisation affirme que des informations recueillies auprès des populations locales, des autorités coutumières et de la société civile continuent de faire état d’une présence active et organisée des FDLR dans plusieurs localités du Nord-Kivu, évoquant même des présomptions de complicité de certaines autorités politico-militaires congolaises.
Le cas des villages de Kabingu et de Matamba illustre, selon le consortium, les limites de l’opération de désarmement. Des témoignages concordants font état de menaces, d’intimidations, d’occupations illégales de terres et d’autres exactions affectant gravement la vie quotidienne des habitants.
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Face à cette situation, le CIDHC appelle à l’ouverture urgente d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités concernant la présence des éléments armés à Walikale et de faire toute la lumière sur les circonstances ayant favorisé leur maintien dans cette partie du pays.
L’organisation demande également au Gouvernement congolais de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection effective des populations civiles, rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées et garantir que les auteurs de violations des droits humains soient traduits en justice.
Par ailleurs, le consortium invite les FARDC à intensifier leurs efforts de sécurisation et à procéder à la neutralisation effective des groupes armés responsables d’exactions contre les populations civiles, dans le strict respect des droits humains et du droit international humanitaire.
Le CIDHC appelle également la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), la médiation qatarie, l’Union africaine, l’Union européenne, les États-Unis d’Amérique ainsi que les organisations régionales et internationales impliquées dans les processus de paix à suivre avec attention l’évolution de la situation et à soutenir toute initiative susceptible de favoriser une solution durable à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Signalons que , l’organisation attire l’attention de la communauté internationale sur les conséquences humanitaires, sécuritaires et sociales de la persistance de l’insécurité dans le territoire de Walikale, notamment les déplacements forcés de populations, la perte des moyens de subsistance, l’insécurité alimentaire et la détérioration du tissu social. Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo réaffirme son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits humains, de la défense des populations civiles et de la recherche d’une paix juste, durable et inclusive dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Mérite BAHOGWERHE