Le Conseil presbytéral de l’Archidiocèse de Kinshasa a exprimé sa vive inquiétude face à la montée de l’insécurité dans la capitale congolaise, particulièrement celle qui cible les paroisses et les autres institutions de l’Église catholique. Dans une déclaration rendue publique le 10 juin 2026, les prêtres membres du Presbyterium de Kinshasa dénoncent une criminalité de plus en plus organisée et appellent les autorités à prendre des mesures urgentes.
Selon le clergé catholique, les actes de violence qui étaient autrefois sporadiques prennent désormais l’allure d’une menace structurée visant directement les communautés ecclésiales. Les prêtres dénoncent une « spirale de violence » qui affecte non seulement les institutions religieuses, mais également l’ensemble de la population de la ville de Kinshasa.
Le Conseil presbytéral évoque notamment la mort tragique de la sentinelle de la paroisse Saint François de Sales, ainsi que les agressions perpétrées contre plusieurs prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. Parmi les cas récents figurent les attaques enregistrées à la paroisse Sainte Agnès de Ndjili et à la paroisse Saint Théophile de Kimbanseke, où un vicaire a été grièvement blessé lors d’une attaque nocturne.
Les signataires de la déclaration affirment que plusieurs de ces actes sont commis par des groupes organisés, parfois lourdement armés et opérant sous des uniformes assimilables à ceux de la Police nationale congolaise et des Forces armées de la République démocratique du Congo. Ils condamnent avec fermeté ces actes qu’ils qualifient d’atteintes graves à la dignité humaine et à la liberté de culte.
Le document fait également état d’actes de vandalisme, de profanation et de destruction visant les sacristies, les archives, les équipements pastoraux ainsi que divers objets de dévotion. Pour le clergé, ces attaques portent préjudice à des institutions engagées quotidiennement dans l’éducation, la santé, la promotion humaine, la réconciliation et le renforcement de la cohésion sociale. Les prêtres dénoncent par ailleurs l’indifférence et le sentiment d’impunité qui semblent entourer plusieurs de ces actes criminels.
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Face à cette situation, le Conseil presbytéral appelle les autorités politico-administratives et sécuritaires à assumer pleinement leur responsabilité constitutionnelle de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Il exige l’ouverture d’enquêtes sérieuses et transparentes afin d’identifier et de traduire en justice les auteurs et les éventuels commanditaires de ces attaques.
Le clergé plaide également pour un renforcement de la collaboration entre les forces de l’ordre et les responsables locaux afin de sécuriser les sites particulièrement exposés.
Tout en invitant les communautés paroissiales à demeurer vigilantes, unies et solidaires, les prêtres de l’Archidiocèse de Kinshasa ont exprimé leur proximité et leur compassion à l’égard des victimes de ces violences. Réaffirmant leur mission prophétique, ils estiment que la sécurité, la justice et la paix demeurent possibles lorsque chaque citoyen assume sa part de responsabilité au service du bien commun.
Signalons que , La déclaration est signée par l’abbé Jean-Freddy Bobo, modérateur du Conseil presbytéral de l’Archidiocèse de Kinshasa.
Mérite BAHOGWERHE