Près de huit ans après les massacres de Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, la Haute Cour militaire a rendu son arrêt définitif dans ce dossier emblématique des violences intercommunautaires en République démocratique du Congo. Le verdict a été prononcé le 1er juin 2026 à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa.
Les faits remontent au 16 décembre 2018, lorsque de violents affrontements entre les communautés Tende et Nunu avaient causé la mort de centaines de personnes, provoqué des déplacements massifs de populations et entraîné d’importantes destructions matérielles dans la cité de Yumbi.
Après plus de cinq années d’instruction judiciaire, la Haute Cour militaire, siégeant sous la présidence du général de brigade magistrat Freddy Mukendi Chi Djamanga, s’est prononcée sur le sort des 81 prévenus poursuivis dans cette affaire.
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Dans son arrêt, la juridiction a déclaré 36 accusés coupables des faits mis à leur charge par le ministère public. Deux prévenus ont été condamnés à la peine de mort, tandis que trente et un autres ont écopé de vingt ans de servitude pénale principale assortis de huit ans de sûreté incompressible. Deux accusés ont été condamnés à douze ans de servitude pénale principale avec huit ans de sûreté incompressible, alors que quatre autres ont reçu des peines de huit ans de prison assorties de quatre ans de sûreté incompressible.
En revanche, trente-cinq prévenus ont été acquittés et renvoyés de toutes les poursuites, la Cour ayant estimé que l’infraction d’association de malfaiteurs retenue contre eux n’était pas établie. Parmi les personnes acquittées figure l’ancien député national Sébastien Rodolphe Mbanga Manzimi.
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La Haute Cour militaire a également constaté l’extinction de l’action publique à l’égard de cinq prévenus décédés au cours de la procédure. Par ailleurs, deux autres accusés ont été soustraits à la procédure après que la juridiction a déclaré sa saisine irrégulière en raison de l’absence de procès-verbaux d’enquête les concernant.
Sur le plan des réparations civiles, la Cour a condamné solidairement les prévenus reconnus coupables à verser des dommages et intérêts aux victimes. Les familles ayant perdu un proche recevront l’équivalent de 20 000 dollars américains en francs congolais, tandis que les victimes ayant perdu leurs habitations percevront 5 000 dollars américains. Les personnes ayant subi des pertes de biens ou des préjudices corporels se verront attribuer une indemnisation de 2 000 dollars américains.
Concernant la responsabilité civile de l’État, la Haute Cour militaire a jugé non fondée la constitution de la partie civile mettant en cause la République démocratique du Congo, écartant ainsi cette dernière de la procédure.
Signalons que , ce verdict met un terme à l’un des procès les plus marquants de la justice militaire congolaise ces dernières années et constitue une étape importante dans la quête de vérité et de justice pour les victimes des massacres de Yumbi.
Mérite BAHOGWERHE