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RDC : face aux menaces, 17 défenseurs des droits humains et deux journalistes soutenus par le BCNUDH

by Mérite Jean-Paul

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a publié son rapport mensuel sur les principales tendances des violations des droits humains en République démocratique du Congo pour le mois de mars 2026. Le document fait état d’une détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, particulièrement dans les provinces touchées par les conflits armés à l’Est du pays.

Selon le BCNUDH, 524 violations et atteintes aux droits humains ont été documentées au cours du mois de mars, soit une augmentation de 13 % par rapport aux 478 cas enregistrés en février. Cette hausse reflète l’aggravation du contexte de protection, alimentée par l’intensification des affrontements armés dans l’Est du pays ainsi que par la persistance d’abus commis dans des zones sous contrôle des autorités étatiques.

Les provinces affectées par les conflits concentrent l’essentiel des violations recensées. Sur les 524 cas documentés, 451, soit environ 83 %, ont été enregistrés dans les provinces du Nord-Kivu (287 cas), du Sud-Kivu (98), de l’Ituri (60) et du Maniema (6).

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Le rapport fait également état de 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits, ayant touché 70 victimes, dont 53 femmes et 17 filles. Bien que ce chiffre représente une baisse de près de 30 % par rapport au mois précédent, durant lequel 101 victimes avaient été recensées, le BCNUDH invite à la prudence dans l’interprétation de cette évolution.

L’organisation souligne que les difficultés d’accès humanitaire et la dégradation de la situation sécuritaire ont considérablement limité les capacités d’identification et de documentation des survivantes. La baisse observée pourrait ainsi traduire une sous-documentation des cas plutôt qu’une diminution réelle des violences.

Le Nord-Kivu concentre 43 % des victimes enregistrées, suivi de l’Ituri (24 %), du Sud-Kivu (23 %) et du Maniema (10 %).

Comme lors des précédents mois, les groupes armés demeurent les principaux responsables des violences sexuelles liées aux conflits, représentant 63 % des victimes documentées. Les acteurs étatiques sont quant à eux impliqués dans 37 % des cas recensés, soit 26 victimes, dont 19 femmes et sept filles.

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Le BCNUDH a également documenté 21 violations et atteintes aux droits humains liées à l’espace civique, contre 13 au mois de février. Ces violations ont concerné 19 victimes, toutes de sexe masculin.

Selon le rapport, cette augmentation intervient dans un contexte marqué par le renforcement des tensions sécuritaires et politiques, l’accroissement du contrôle de l’information ainsi qu’une sensibilité accrue des autorités et des groupes armés à toute expression perçue comme critique.

Dans le cadre de ses activités de protection individuelle, le BCNUDH a recensé huit cas nécessitant une intervention spécifique. Trois cas ont été attribués à l’AFC/M23, deux à des agents de la Police nationale congolaise (PNC), deux aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et un aux services de renseignement.

À l’issue de l’évaluation de ces situations, 19 bénéficiaires, dont deux femmes, ont reçu un accompagnement comprenant des conseils en autoprotection, un appui au plaidoyer ainsi qu’un suivi personnalisé. Parmi eux figurent 17 défenseurs des droits humains et deux journalistes.

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Sur le plan judiciaire, le BCNUDH indique que quatre procédures engagées contre trois militaires des FARDC et un agent de la PNC ont abouti à trois condamnations. Deux militaires des FARDC et un policier ont été reconnus coupables, tandis qu’un militaire a été acquitté.

Au cours du mois de mars, le BCNUDH a organisé neuf sessions de formation et de sensibilisation à travers le territoire national. Ces activités ont bénéficié à 778 participants, dont 221 femmes.

Les bénéficiaires comprenaient notamment des membres de la société civile, des magistrats civils et militaires, des défenseurs des droits humains, des agents de l’administration publique, des étudiants ainsi que des membres des forces de défense et de sécurité.

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Le BCNUDH souligne que ces initiatives visent à renforcer durablement la prévention des violations des droits humains à travers une meilleure connaissance des normes nationales et internationales ainsi qu’un renforcement des capacités des acteurs chargés de leur application.

Mérite BAHOGWERHE

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