Face à la menace que représente la maladie à virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la sensibilisation communautaire demeure un levier essentiel de prévention. À Bulongo, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, une campagne menée le 10 octobre 2026 par l’organisation Femmes Engagées pour la Famille et la Santé Intégrale (FEFSI) a remis au centre des échanges les gestes de prévention, l’alerte précoce et la collaboration entre les habitants et les équipes sanitaires.
Dans cette partie du Nord-Kivu, où les populations restent confrontées à de nombreux défis sanitaires et sécuritaires, la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les interventions médicales. Elle dépend également de la capacité des communautés à reconnaître les risques, à adopter les comportements préventifs et à signaler rapidement les situations suspectes aux services de santé.
C’est dans cette perspective que la FEFSI a organisé une activité de sensibilisation à Bulongo. L’initiative s’inscrit dans une démarche de prévention visant à limiter la propagation du virus et à encourager l’implication des populations dans la riposte sanitaire.Prévenir Ebola : les gestes qui peuvent sauver des vies, au cours de cette activité, les équipes de la FEFSI ont insisté sur le respect des mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, l’évitement des contacts physiques à risque ainsi que la nécessité de ne pas manipuler les dépouilles sans protection appropriée.
Les animateurs ont également rappelé l’importance de signaler rapidement aux services de santé toute personne présentant des symptômes évocateurs, tels que la fièvre, les vomissements ou des saignements inexpliqués. Ces manifestations ne suffisent pas, à elles seules, à confirmer une infection par le virus Ebola, mais elles justifient une évaluation médicale rapide lorsqu’un risque d’exposition existe.Derrière ces recommandations se trouve un enjeu majeur : réduire les risques de transmission en évitant les comportements susceptibles d’exposer les familles et les communautés au virus.
Dans un contexte épidémique, la rapidité du signalement et la prise en charge appropriée des cas suspects peuvent contribuer à limiter la propagation de la maladie.« La maladie existe, elle tue. Protéger sa famille, c’est respecter les consignes », a martelé un animateur de la FEFSI devant les habitants réunis pour cette séance de sensibilisation.
Ce message résume l’objectif poursuivi par l’organisation : faire comprendre que la prévention ne relève pas seulement de la responsabilité des professionnels de santé, mais constitue également une démarche collective à laquelle chaque membre de la communauté peut contribuer.La confiance des communautés, un enjeu de la riposteAu-delà des gestes barrières, la FEFSI a attiré l’attention sur les conséquences des rumeurs et de la méfiance envers les équipes sanitaires.
L’organisation a exhorté les habitants à privilégier les informations provenant de sources sanitaires fiables et à collaborer avec les intervenants engagés dans la riposte.Dans les situations d’épidémie, la circulation de fausses informations peut compliquer les efforts de prévention, retarder le recours aux soins et fragiliser la confiance entre les communautés et les professionnels de santé. La sensibilisation apparaît ainsi comme un moyen de rapprocher les populations des dispositifs sanitaires et de favoriser l’adoption de comportements protecteurs.
L’implication des habitants est d’autant plus importante que les mesures de prévention doivent être comprises et appliquées dans la vie quotidienne. Des informations claires, accessibles et adaptées aux réalités locales peuvent contribuer à faciliter cette adhésion.Pour la FEFSI, l’enjeu consiste donc à rappeler les consignes sanitaires tout en encourageant une participation active des communautés à la lutte contre la maladie.
Les autorités sanitaires locales ont salué cette initiative, qui vient appuyer les efforts du gouvernement et de ses partenaires dans la prévention et la lutte contre Ebola.Toutefois, l’efficacité de ce type d’action dépend aussi de la continuité des messages diffusés, de l’accès à des informations fiables et de la capacité des populations à obtenir rapidement une assistance sanitaire en cas de besoin.
À Bulongo, la campagne de la FEFSI rappelle ainsi que la lutte contre Ebola ne se limite pas aux structures de soins. Elle commence également au sein des familles, dans les quartiers et dans les communautés, à travers des gestes simples, une vigilance accrue et une collaboration avec les services compétents.
Face à une maladie potentiellement mortelle, la sensibilisation reste un outil indispensable. Mais pour produire des effets durables, elle doit s’accompagner d’un accès effectif aux soins, d’une communication transparente et d’une mobilisation soutenue des acteurs sanitaires et communautaires.
Consmas Nyamwesa