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Goma : la Société civile de Karisimbi interpelle NURU sur les frais de location des compteurs

by Mérite Jean-Paul

La Société civile de la commune de Karisimbi relance le débat sur les frais de location des compteurs électriques appliqués aux abonnés de NURU Énergie dans plusieurs quartiers de Goma. Elle réclame à l’opérateur une clarification publique sur la base légale, le montant et les modalités de fixation de cette facturation, tout en demandant sa cessation définitive si elle n’est pas conforme aux tarifs officiellement approuvés.

En novembre 2025, Christian Kalamo président de la Société civile de Karisimbi avait déjà alerté sur l’introduction d’une facturation supplémentaire d’environ 2,3 dollars américains, présentée aux consommateurs comme des « frais de location compteur ». Cette mesure avait suscité des réactions parmi les abonnés, notamment dans les quartiers de Ndosho, Mugunga, Kyeshero et Lac Vert.À l’époque, après des échanges avec la Société civile, NURU Énergie avait indiqué qu’elle envisageait d’assouplir le montant ainsi que les modalités de cette facturation.

Pour la Société civile de Karisimbi, la question centrale est désormais de savoir sur quelle base ces frais sont prélevés auprès des consommateurs.Elle demande notamment à NURU de préciser la base légale et réglementaire de cette facturation, le montant actuellement appliqué, les modalités de calcul ainsi que la nature exacte de ces frais.

« Si ces frais sont légalement fondés, NURU doit pouvoir expliquer clairement leur base légale, leur montant, leur justification et leur mode de calcul. Dans le cas contraire, nous demandons leur retrait et, le cas échéant, la clarification des mécanismes de remboursement des sommes indûment perçues », fait valoir la Société civile de Karisimbi.

Cette organisation demande également à l’opérateur de rendre public le montant total déjà perçu au titre de ces frais depuis leur introduction, ainsi que le nombre de ménages concernés.

« Combien coûte réellement un compteur électrique fourni à un ménage, et sur quelle base avez-vous fixé les frais de “location compteur” que vous exigez auprès des consommateurs ? », interroge-t-elle.

La Société civile de Karisimbi rappelle par ailleurs qu’en janvier 2026, les autorités de fait de Goma avaient demandé aux opérateurs du secteur de l’électricité, notamment NURU, SNEL, SOCODEE et Virunga Énergies, de suspendre les nouveaux tarifs et de mettre fin à la location mensuelle des compteurs, dans l’attente du maintien des tarifs de 2025 et de la poursuite des discussions.Pour cette organisation citoyenne, cette situation renforce la nécessité de clarifier la tarification actuellement appliquée aux abonnés.Elle sollicite ainsi l’intervention de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) afin qu’elle vérifie la conformité des tarifs appliqués aux consommateurs de NURU à Goma.La Société civile souhaite notamment que les consommateurs disposent d’une grille tarifaire officielle, claire et facilement accessible, leur permettant de comprendre les différents éléments qui composent leurs factures.

Les consommateurs au centre des préoccupations,Au-delà de la question technique et réglementaire, la Société civile de Karisimbi met en avant la situation économique difficile dans laquelle se trouve une partie importante de la population de Goma.Elle estime qu’une facturation supplémentaire insuffisamment expliquée peut accentuer la pression financière qui pèse déjà sur les ménages.

« La population de Goma, particulièrement celle des quartiers les plus touchés, est une population fragilisée par des années de conflits armés, de déplacements, de pertes de biens, de chômage, de pauvreté et de traumatismes liés aux violences », souligne-t-elle.

Dans ce contexte, l’organisation citoyenne interpelle directement NURU sur la finalité de son implantation dans la ville.« NURU est-elle venue à Goma pour contribuer à améliorer les conditions de vie de la population en lui fournissant un service électrique accessible et abordable, ou pour faire peser davantage de charges financières sur des ménages déjà fortement éprouvés ? », s’interroge Christian Kalamo, président de la Société civile de Karisimbi.

Face à cette situation, la Société civile demande notamment à NURU et aux autorités compétentes :la publication d’une grille tarifaire officielle, claire et accessible à tous les abonnés ;la clarification de la base légale des éventuels frais de location des compteurs ;la cessation de toute facturation qui ne serait pas conforme aux décisions et tarifs officiellement approuvés ;la mise en place d’un mécanisme permettant aux consommateurs de vérifier et contester leurs factures ;l’association des organisations de la société civile et des représentants des consommateurs à toute modification importante de la tarification ;la publication du montant total perçu au titre de ces frais et du nombre de ménages concernés ;et, le cas échéant, l’examen des mécanismes de remboursement ou de compensation des montants qui auraient été indûment perçus.La Société civile insiste toutefois sur le fait que sa démarche ne constitue pas une opposition au secteur privé ni aux investissements dans le domaine de l’électricité.

« Notre démarche ne vise pas à empêcher NURU de fonctionner ni à décourager les investissements dans le secteur de l’électricité. Nous demandons simplement que toute facturation imposée aux consommateurs soit transparente, légalement fondée, clairement expliquée et conforme aux tarifs officiellement approuvés », explique Christian Kalamo.« La population de Goma n’est pas un marché à exploiter »

Pour la Société civile de Karisimbi, l’amélioration de l’accès à l’électricité reste un enjeu important pour le développement de Goma. Mais elle estime que l’extension et la modernisation du service doivent aller de pair avec la transparence, la responsabilité et le respect des droits des consommateurs.« Nous ne demandons pas de privilège pour la population. Nous demandons simplement de la transparence, de la justice tarifaire et le respect des droits des consommateurs », insiste l’organisation.

Elle invite ainsi NURU Énergie à privilégier le dialogue avec les consommateurs et les organisations communautaires afin de parvenir à une solution durable.« La population de Goma mérite un service électrique de qualité et une facturation juste et transparente », conclut Christian Kalamo.La Société civile de Karisimbi se dit enfin disponible à participer à tout cadre de concertation réunissant NURU Énergie, l’ARE, les autorités compétentes et les représentants des consommateurs.

Signalons que, l’enjeu dépasse désormais le seul montant facturé sur les compteurs. Il s’agit, selon elle, d’établir une relation de confiance entre l’opérateur et ses abonnés, fondée sur des règles tarifaires compréhensibles, des mécanismes de contrôle et une information accessible au public.« La population de Goma n’est pas un marché à exploiter : elle mérite un service essentiel accessible, transparent et respectueux de sa dignité », rappelle la Société civile de Karisimbi.

Mérite BAHOGWERHE

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