Leader de l’opposition panafricaine en République démocratique du Congo, Réponse Mabwire s’est exprimé sur les débats liés à l’identité et à la nationalité des Banyamulenge, ainsi que sur les récentes prises de position attribuées à Martin Fayulu. Dans une déclaration au ton critique, il appelle les acteurs politiques congolais à éviter les discours susceptibles, selon lui, d’alimenter les divisions communautaires et de fragiliser davantage l’unité nationale.
Pour Réponse Mabwire, la question des Banyamulenge ne devrait pas être instrumentalisée dans les débats politiques. Il considère cette communauté comme faisant partie intégrante de la nation congolaise et estime que son appartenance au pays ne devrait pas constituer un sujet de polémique.
« Les Banyamulenge sont des Congolais comme moi, et cela ne devrait pas être un sujet de débat », affirme-t-il.Mabwire dénonce « l’instrumentalisation » des communautés
Dans sa déclaration, le leader de l’opposition panafricaine estime que les différentes communautés congolaises ne devraient pas être utilisées comme arguments politiques dans le contexte de la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.Il appelle notamment les responsables politiques à éviter les amalgames entre appartenance communautaire, nationalité et participation aux conflits armés.
« Toutes les communautés congolaises doivent cesser d’être utilisées comme prétextes pour faciliter la persistance de la guerre au Congo », soutient-il.Réponse Mabwire dit également regretter les accusations ou qualificatifs liés à l’origine nationale qui peuvent être utilisés contre des personnalités politiques congolaises lorsqu’elles expriment des positions divergentes.
Il cite notamment le cas de Martin Fayulu, parfois présenté, selon lui, comme « Sénégalais » par certains de ses détracteurs.
« J’ai tellement honte de voir Martin Fayulu être traité de “Sénégalais” par certains Kasaïens proches de l’UDPS », déclare-t-il, avant de dénoncer également les discours contestant l’existence même d’une communauté appelée Banyamulenge en RDC.
Réponse Mabwire s’en prend également directement à Martin Fayulu, dont il conteste la manière d’aborder la question des Banyamulenge et les liens présumés avec le Rwanda.Tout en reconnaissant à l’opposant le droit de défendre ses convictions politiques, il estime que certains de ses propos sont susceptibles d’alimenter les tensions communautaires.
« Martin Fayulu, que je considère comme un fantaisiste, se permet également de tenir des discours que je juge incendiaires à l’égard de nos frères et sœurs Banyamulenge, en les associant aux Rwandais », affirme-t-il.
Pour Mabwire, cette question est d’autant plus importante que Martin Fayulu est une personnalité politique qui ambitionne d’exercer les plus hautes fonctions de l’État. Il s’interroge dès lors sur la manière dont un éventuel pouvoir de Fayulu pourrait gérer la diversité communautaire du pays.
« Une fois président de la République, est-ce avec de tels discours que M. Fayulu compte consolider l’unité nationale ? », questionne-t-il.« Quel est votre plan envers cette communauté ? »Le leader panafricain pousse son interrogation plus loin en demandant aux responsables politiques qui mettent en avant la question communautaire de préciser leurs propositions concrètes à l’égard des Banyamulenge.
Il pose notamment la question de savoir si l’appartenance à cette communauté peut, à elle seule, être considérée comme un facteur de responsabilité dans les différents phénomènes sécuritaires qui affectent le pays.
« Est-ce qu’appartenir à une communauté congolaise, en l’occurrence la communauté banyamulenge, est un crime ? », interroge-t-il.Il cite, à titre de comparaison, plusieurs phénomènes et groupes armés ou criminels actifs dans différentes régions de la RDC, notamment les ADF, le phénomène Mobondo, certains groupes Maï-Maï et le phénomène Kuluna à Kinshasa.Par cette mise en perspective, Mabwire cherche à dénoncer ce qu’il considère comme une tendance à attribuer collectivement à une communauté les responsabilités liées à des problèmes sécuritaires complexes.
Dans la même déclaration, Réponse Mabwire élargit ses critiques à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qu’il accuse d’avoir, selon lui, contribué à fragiliser le débat sur l’unité nationale.Il reproche notamment au parti présidentiel d’avoir, durant ses années d’opposition, utilisé des arguments liés à l’origine ou à la nationalité contre certains Congolais qui exprimaient des positions différentes des siennes.« L’UDPS a passé toute sa vie dans l’opposition à attribuer des nationalités étrangères à tous les Congolais qui se montraient divergents de sa pensée », affirme-t-il.
Mabwire estime qu’une fois au pouvoir, le parti aurait cessé, selon lui, de placer l’unité nationale au centre de son discours politique. Il lie cette situation à ce qu’il considère comme une fragilisation de la cohésion nationale sous le régime de Félix Tshisekedi.Ces accusations relèvent de son appréciation politique et s’inscrivent dans un contexte national marqué par de fortes tensions autour des questions d’identité, de nationalité, de représentation politique et de sécurité dans l’Est du pays.
Au-delà de ses critiques contre Martin Fayulu et l’UDPS, Réponse Mabwire lance un appel plus général à la population congolaise.Il invite les Congolais, et particulièrement les communautés swahiliphones, à ne pas se laisser entraîner dans les discours de division. Pour lui, la diversité communautaire du pays devrait constituer une richesse plutôt qu’un instrument de confrontation politique.
« Nous devons promouvoir la cohabitation pacifique, l’unité nationale et devenir de véritables artisans de la paix », plaide-t-il.Le leader panafricain appelle également à rejeter toute forme de manipulation étrangère, qu’elle provienne, selon ses propos, des États-Unis, de l’Europe ou d’autres acteurs extérieurs.
Dans son message, il estime enfin que la RDC ne pourra relever ses défis sécuritaires, politiques et économiques qu’en renforçant la cohésion entre ses différentes communautés.« La République démocratique du Congo a besoin de rassemblement, de paix et d’unité », conclut-il.
Réponse Mabwire termine sa déclaration par un appel à l’unité africaine et à la coexistence pacifique en République démocratique du Congo, tout en réaffirmant son engagement en faveur du mouvement panafricain de la Révolution progressiste populaire.
Mérite BAHOGWERHE