À Bujumbura, au Burundi, la jeunesse congolaise s’est invitée au cœur des discussions continentales sur la paix, la sécurité et l’avenir des jeunes Africains. Représentant la République démocratique du Congo lors de cette rencontre, Ardent Elonga a plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités vécues par les jeunes de l’Est du pays, tout en mettant en avant leur capacité à contribuer à la paix et au développement.
La jeunesse africaine était au centre d’une importante rencontre organisée le 11 août 2026 à Bujumbura, au Burundi. Initiée sous le leadership du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre continentale a notamment été consacrée au Dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité, ainsi qu’à l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Charte africaine de la jeunesse, adoptée le 2 juillet 2006 à Banjul, en Gambie.
Vingt ans après l’adoption de ce texte considéré comme un cadre de référence pour la participation et l’autonomisation des jeunes sur le continent, les participants ont été appelés à réfléchir sur les avancées enregistrées, mais aussi sur les défis qui continuent de freiner la pleine participation de la jeunesse africaine au développement et à la consolidation de la paix.
C’est dans ce cadre que la République démocratique du Congo a été représentée par Ardent Elonga, jeune leader congolais et Team Leader des experts techniques de la jeunesse (Youth Technical Experts) chargés de contribuer au processus d’évaluation des vingt années de la Charte africaine de la jeunesse.
Devant une audience composée notamment de responsables politiques, de diplomates, d’ambassadeurs et de représentants de la jeunesse venus de plusieurs pays africains, Ardent Elonga a choisi de mettre en lumière la situation particulière des jeunes de l’Est de la RDC, une région confrontée depuis plusieurs décennies à des conflits armés et à leurs conséquences humanitaires et sociales.
« Je viens de la République démocratique du Congo, un pays où la jeunesse représente une force considérable, mais où elle fait aussi face à des défis profonds. Dans l’Est de la RDC, d’où je suis originaire, de nombreux jeunes vivent quotidiennement les conséquences des conflits armés, des déplacements forcés, de l’insécurité et du manque d’opportunités », a-t-il déclaré.

Pour Ardent Elonga, évoquer les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes Congolais ne doit toutefois pas conduire à les présenter uniquement comme des victimes des crises qui frappent leur région.
Son intervention a ainsi insisté sur une autre réalité : celle d’une jeunesse qui, malgré les contraintes liées à l’insécurité et au manque d’opportunités, continue de développer des initiatives et de participer à la transformation de sa communauté.
« Mais je refuse de réduire la jeunesse congolaise à ses seules difficultés », a-t-il martelé devant les participants.
À travers cette position, le jeune leader a voulu mettre en avant le rôle que peuvent jouer les jeunes dans la recherche de solutions aux problèmes auxquels sont confrontées leurs communautés. Dans son plaidoyer, il a notamment présenté la jeunesse congolaise comme une force capable d’entreprendre, d’innover, de défendre les droits humains et de participer activement aux efforts de paix.
Alors que la question de la jeunesse occupe une place croissante dans les débats sur la paix et la sécurité en Afrique. Dans les régions affectées par les conflits, les jeunes sont souvent directement exposés aux conséquences de l’instabilité, mais ils peuvent également constituer des acteurs importants dans la prévention des violences, la cohésion sociale et la reconstruction des communautés.
À Bujumbura, le message porté par Ardent Elonga s’est donc voulu à la fois un témoignage sur les réalités de l’Est de la RDC et un appel à considérer les jeunes comme des partenaires à part entière dans la recherche de solutions durables. Dans son intervention, il a appelé les institutions continentales à créer des conditions permettant aux jeunes Africains, particulièrement ceux vivant dans les zones touchées par les conflits, de bénéficier d’un environnement favorable à leur épanouissement.
Son plaidoyer a notamment porté sur la nécessité de garantir davantage de sécurité, d’accès aux opportunités et de participation des jeunes aux processus de développement et de consolidation de la paix.Pour la jeunesse de l’Est de la RDC, l’enjeu dépasse ainsi la seule reconnaissance de ses difficultés. Il s’agit également de créer les conditions permettant à cette génération de transformer son potentiel en actions concrètes.
Signalons que, Depuis Bujumbura, Ardent Elonga a ainsi voulu porter un message clair : la jeunesse congolaise ne veut pas seulement être considérée comme une génération confrontée aux crises ; elle entend également être reconnue comme une partie de la solution pour la paix et le développement de la République démocratique du Congo et de l’Afrique.
Josué Bulonfu